Vente YSL/Bergé: 101 millions d'euros le deuxième jour

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Publié le 25 février 2009.

Alors qu'il reste encore un jour d'enchères, les ventes ont déjà dépassé la fourchette haute d'estimation de la collection.

Les millions d'euros ont continué à s'accumuler au deuxième jour de la vente aux enchères à Paris de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé, avec un nouveau record du monde établi mardi soir pour une vente d'arts décoratifs, 59,1 millions d'euros (avec frais) dont 21,9 millions d'euros pour un seul fauteuil.

La deuxième journée de la "vente du siècle" se solde par un total de quelque 101 millions d'euros, après la vente de tableaux anciens (22,2 millions) et d'orfèvrerie (19,8 millions) qui s'ajoutent aux 206 millions d'euros de la veille, déjà un record mondial pour une collection privée.

Avec 307 millions, cette vente a dépassé le montant des estimations généralement attendues pour l'ensemble de la collection (200 à 300 millions d'euros), alors qu'il reste une journée d'enchères.

Mardi soir, la nef du Grand palais a vibré pour le "fauteuil aux dragons" d'Eileen Gray. Estimé 2 à 3 millions, il a été adjugé 21,9 millions (avec frais), atteignant presque la sculpture de Brancusi adjugée la veille 29,1 millions d'euros. Il s'agit du deuxième prix le plus haut jamais obtenu pour un meuble. "C'est le prix du désir", a déclaré la galeriste parisienne Cheska Vallois qui a acheté le fauteuil de Gray pour un collectionneur privé.

Peu auparavant, un meuble "Enfilade" d'Eileen Gray également a été adjugé 4 millions (avec frais), un prix à mi-chemin de son estimation (3-5 millions). Ce meuble a été acheté par Philippe Segalot, qui conseille les grandes fortunes en art: "C'est pour un homme qui a déjà une grande collection d'art déco", a-t-il commenté.

D'autres records sont tombés pour un artiste: un ensemble de 15 miroirs aux branchages signé Claude Lalanne, a été adjugé 1,8 million (avec frais). De même par la paire de banquettes de Gustave Miklos. L'ensemble est parti à 1,745 million d'euros (avec frais).

Les prix se sont globalement envolés avec des adjudications multipliant souvent par sept ou dix les estimations, comme le vase au serpent de Jean Dunand qui a atteint 270.000 euros (estimation 25-30.000). Un chef d'entreprise de la région parisienne a acheté une paire de lampadaires 80.000 euros hors frais parce qu'"avoir un objet de Yves Saint Laurent, c'est comme avoir un Cézanne".

Mardi en début d'après-midi, un Géricault ("Portrait d'Alfred et Elisabeth Dedreux") est parti au prix record de 9 millions d'euros (avec frais). Ironie de l'histoire, le Géricault a été acheté par le marchand d'art français Alain Tarica qui avait vendu il y a 25 ans cette même toile à Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. La toile d'Ingres ("Portrait de la comtesse de La Rue") a réalisé un record mondial -2 millions d'euros avec frais- etc.

Au total, les 18 tableaux anciens vendus ont rapporté 22,2 millions d'euros (avec frais).

La vente s'est poursuivie avec l'orfèvrerie ancienne, pour un montant total 19,9 millions d'euros (avec frais), la plupart des pièces triplant ou quadruplant leur estimation.

Ce mercredi, la "vente du siècle" s'achève par la dispersion de sculptures et autres objets d'arts, mais surtout celle de deux bronzes chinois, une tête de lapin et une tête de rat provenant du sac du Palais d'été à Pékin en 1860, en dépit de l'insistance de Pékin à demander leur restitution.

E24 avec AFP
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