"Depuis quatre ans, je prône inlassablement l'ouverture ou l'augmentation du capital. Si rien ne se passe, je devrais renoncer à certains projets. Ce sera le calme des cimetières", affirme Anne Lauvergeon dans un entretien publié mercredi par le quotidien Les Echos. "Dommage pour un groupe qui dispose d'un potentiel à l'export, en mesure de créer 40.000 emplois indirects en France en 2009. Tout cela manque un peu de souffle", ajoute-t-elle.
Le groupe nucléaire rejette toujours l'idée d'une fusion avec Alstom et son actionnaire de référence, le groupe de construction et de médias Bouygues. "Pour nous absorber, il faut mettre 10 milliards d'euros sur la table. Or, la capitalisation boursière de Bouygues est tombée à 9 milliards d'euros", affirme la dirigeante.
Peu après son arrivée à l'Elysée, Nicolas Sarkozy
avait lancé une réflexion sur la refonte de la filière nucléaire, dont Areva
est la colonne vertébrale. Mais depuis près de deux ans maintenant, le
dossier n'avance pas, alors que de nombreux concurrents –
Alstom, groupe d'ingénierie présent dans le nucléaire et
dans d'autres énergies, pousse avec son actionnaire l'idée d'un
rapprochement. Nicolas Sarkozy, un proche du PDG de Bouygues SA, y serait
favorable, selon des rapports de presse.
Areva défend mordicus son indépendance et a lancé de nombreux projets d'investissements dans les nombreux métiers du nucléaire (mine, enrichissement, réacteurs, services, retraitement des déchets). Le groupe a également investi dans les énergies renouvelables, loin de son cœur de métier mais aurait aussi envisagé des scénarios de rapprochement "exotiques", comme récemment avec le groupe d'ingénierie Technip.
Au cours d'un récent déplacement sur le site de Flamanville,
Nicolas Sarkozy a demandé que "