Areva cherche son souffle

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Publié le 25 février 2009.

La présidente du directoire d'Areva défend l'indépendance de son groupe et souhaite obtenir les moyens financiers d'assurer son développement futur.

"Depuis quatre ans, je prône inlassablement l'ouverture ou l'augmentation du capital. Si rien ne se passe, je devrais renoncer à certains projets. Ce sera le calme des cimetières", affirme Anne Lauvergeon dans un entretien publié mercredi par le quotidien Les Echos. "Dommage pour un groupe qui dispose d'un potentiel à l'export, en mesure de créer 40.000 emplois indirects en France en 2009. Tout cela manque un peu de souffle", ajoute-t-elle.

Le groupe nucléaire rejette toujours l'idée d'une fusion avec Alstom et son actionnaire de référence, le groupe de construction et de médias Bouygues. "Pour nous absorber, il faut mettre 10 milliards d'euros sur la table. Or, la capitalisation boursière de Bouygues est tombée à 9 milliards d'euros", affirme la dirigeante.

Peu après son arrivée à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait lancé une réflexion sur la refonte de la filière nucléaire, dont Areva est la colonne vertébrale. Mais depuis près de deux ans maintenant, le dossier n'avance pas, alors que de nombreux concurrents –

Toshiba au Japon
ou General Electric aux Etats-Unis – poussent leurs pions pour tirer parti d'un regain d'intérêt du nucléaire, très vif au moment où le cours du baril de pétrole fleurtait avec les 150 dollars.

Alstom, groupe d'ingénierie présent dans le nucléaire et dans d'autres énergies, pousse avec son actionnaire l'idée d'un rapprochement. Nicolas Sarkozy, un proche du PDG de Bouygues SA, y serait favorable, selon des rapports de presse.

Alstom avance l'intérêt
de rapprocher les activités nucléaires d'Areva et sa maîtrise d'une palette plus large d'énergies pour proposer un mix de solutions en cohérence avec les besoins de grands clients, groupes de services collectifs. Une idée qu'Areva rejette au prétexte qu'elle est une source de "synergies négatives".

Areva défend mordicus son indépendance et a lancé de nombreux projets d'investissements dans les nombreux métiers du nucléaire (mine, enrichissement, réacteurs, services, retraitement des déchets). Le groupe a également investi dans les énergies renouvelables, loin de son cœur de métier mais aurait aussi envisagé des scénarios de rapprochement "exotiques", comme récemment avec le groupe d'ingénierie Technip.

Au cours d'un récent déplacement sur le site de Flamanville, Nicolas Sarkozy a demandé que "

l'Etat réflechisse aux partenariats
aux partenariats industriels qui seraient les plus profitables à Areva". Le sujet semble encore loin d'être bouclé.

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