Recapitalisation en vue pour les banques américaines

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Publié le 6 mai 2009.

Les résultats des "stress tests" approchent, mais déjà plusieurs éléments ont fuité dans la presse anglo-saxonne concernant des noms et des montants.

Les résultats des "stress tests" destinés à jauger la résistance des banques approchent, mais déjà plusieurs éléments ont fuité dans la presse anglo-saxonne concernant des noms d'établissements et les montants des recapitalisations nécessaires.

Selon le Wall Street Journal, environ 10 des 19 banques américaines testées seraient invitées par les pouvoirs publics à augmenter leurs capitaux propres. Le journal cite des sources proches du dossier et précise que le nombre exact est encore en discussion.

Dans une allocution devant la Commission économique mixte du Congrès, le président de la Fed Ben Bernanke a admis mardi 5 mai que certains établissements auraient besoin d'argent frais, mais il a estimé "qu'un grand nombre d'entre elles seront capables de combler leurs besoins de capitaux sans capitaux supplémentaires de l'Etat".

Les tests de résistance, conduits notamment par la Fed, dévoileront leurs résultats définitifs jeudi 7 mai. Selon Ben Bernanke, les banques considérées comme insuffisamment capitalisées pourraient s'en sortir en faisant appel au marché (via une augmentation de capital ou via le dispositif Geithner) ou en vendant des actifs. Tandis que d'autres banques pourraient convertir des actions préférentielles, émis au profit de l'Etat ou d'autres actionnaires, en actions ordinaires. Ce dernier mécanisme a ainsi permis à l'Etat américain de monter à hauteur de 36% au capital de Citigroup.

Parmi les établissements qui pourraient avoir à lever des capitaux supplémentaires figurent plusieurs banques régionales, écrit le Wall Street Journal. Le journal cite également Wells Fargo, Citigroup et Bank of America, cette dernière apparaissant comme l'un des établissements les plus fragiles.

Selon le New York Times, qui cite un "cadre dirigeant" de Bank of America, la banque qui a repris Merrill Lynch aurait besoin de lever 33,9 milliards de dollars de capitaux frais supplémentaires. De son côté, le Wall Street Journal avance le chiffre de 35 milliards de dollars. Le montant de la recapitalisation s'ajoutera aux 45 milliards de fonds propres déjà reçus de l'Etat dans le cadre du plan TARP, via des actions préférentielles. Citigroup aurait de son côté plusieurs milliards de dollars supplémentaires à lever, selon des informations révélées la semaine dernière par le journal.

Pour éviter une dilution notable de ses actionnaires par une conversion de ces actions préférenyielles, certains établissements pourraient tenter de vendre des actifs. Selon le Financial Times, Bank of America réfléchit notamment à une nouvelle réduction de sa participation dans la banque chinoise China Construction Bank, ce qui pourrait lui rapporter jusqu'à 2,8 milliards de dollars.

Au sein de l'industrie bancaire américaine, d'autres établissements semblent en revanche à l'abri de la nécessité d'une recapitalisation. Les dirigeants de Goldman Sachs et JPMorgan ont ainsi régulièrement manifesté leur confiance quant à la capacité de leur groupe à rembourser au plus vite les capitaux octroyés par l'Etat. Mais ces deux banques ne seraient que l'exception qui confirme la règle établie par les "stress tests".

Julien Beauvieux avec AFP
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