Le groupe américain de médias et de tourisme Walt Disney a publié un bénéfice net trimestriel en chute de 46%, souffrant à la fois d'échecs au box-office, des moindres dépenses des visiteurs de ses parcs de loisir et de coûts de restructuration.
Le bénéfice net s'est établi à seulement 613 millions de dollars pour les mois de janvier à mars. Hors éléments exceptionnels, il a toutefois dépassé les attentes des analystes, à 43 cents par action au lieu des 40 cents prévus. Toutes les activités du groupe ont accusé une chute de leur bénéfice opérationnel, atteignant 97% pour le cinéma et les DVD, tandis que l'internet confirmait ses pertes.
Pour ce qui est du chiffre d'affaires, qui a globalement reculé de 7% à 8 milliards de dollars, seule la plus grosse activité, celle des chaînes de télévision, a réussi à voir ses recettes progresser (+2%, à 3,62 milliards de dollars): le succès des chaînes câblées a plus que compensé les difficultés des chaînes traditionnelles, handicapées par la chute des recettes publicitaires et la hausse des coûts de production. Les ventes de produits dérivés ont également progressé de 9% à 496 millions de dollars.
En revanche le chiffre d'affaires des films et DVD a chuté de 21% (à 1,4 milliard de dollars), tandis que les croisières et les parcs de loisirs refluaient de 12% (à 2,4 milliards de dollars), sous le coup à la fois d'importantes opérations de promotion visant à soutenir la fréquentation, et de l'effort des visiteurs des parcs pour limiter leurs dépenses.
"Nous avons eu un trimestre difficile, dû à la faiblesse de l'économie et à d'autres facteurs", a commenté le directeur général Robert Iger, cité dans un communiqué, sans avancer de prévisions pour la suite de l'exercice.
Les grosses productions sur lesquelles le groupe fondait ses espoirs pour ce début d'année ont été peu appréciées de la critique et du public, qu'il s'agisse de "Histoires Enchantées", de "La Montagne ensorcelée" ou de "Confessions d'une accro du shopping".
Lors d'une conférence d'analyste, Robert Iger est longuement revenu sur la décision annoncée la semaine dernière d'entrer au capital du site internet Hulu, qui diffusera des programmes Disney et de ses chaînes de télévision ABC. Il a réaffirmé sa conviction qu'il est indispensable d'être présent sur internet, à la fois pour contrer le piratage et pour développer l'audience.
"Les gens qui consomment des médias en ligne consomment globalement plus de médias", a aussi souligné le directeur financier Tom Staggs, selon qui le recours à internet est un moyen de "développer le marché".
Les deux hommes ont cependant dû convenir qu'il restait des progrès à faire pour rentabiliser les diffusions sur internet, estimant que plusieurs modèles, y compris la publicité et les abonnements, devaient être cultivés.