A l'heure des discussions houleuses sur le partage des richesses dans l'entreprise, Dassault Aviation fait figure de bon élève. La règle des trois tiers, chère à Nicolas Sarkozy, y est scrupuleusement respectée depuis 1969. Chez Dassault Aviation, un tiers des bénéfices est affecté à l'investissement, un tiers aux actionnaires sous forme de dividendes, et un tiers revient aux salariés sous forme d'intéressement et de participation. Une règle immuable, sauf en cas de perte nette. Et sauf en 2008. Avec la crise économique, Dassault ne compte verser qu'un sixième de son bénéfice net en dividendes, selon le rapport financier du groupe.
Toutefois, les salariés, eux, toucheront bien un tiers du bénéfice net, à savoir 136 millions d'euros, dont 14 millions d'euros d'intéressement et 122 millions de participation. Selon le groupe, cela correspond environ à trois mois de salaires.
Les salariés choisissent s'ils veulent recevoir cette participation immédiatement ou plus tard. Dans le premier cas, le montant sera intégré dans le salaire, comme une prime de fin d'année, et imposable au même titre que le salaire. L'autre solution consiste à verser cette participation sur un compte d'épargne entreprise ou un compte d'épargne complémentaire (Perco).
Les avantages sociaux vont au-delà. Tous les ans, l'augmentation des salaires est négociée entre la direction et les partenaires sociaux. En 2008, les cadres, 50% des 8.343 salariés du groupe de défense, ont été en moyenne augmentés de 4,3%, plus ou moins selon les performances atteintes pour lesdits cadres.
Et la subvention de fonctionnement du comité d'entreprise est égale à 5% de la masse salariale contre une obligation légale de 0,2 %, laissant de la marge de manœuvre aux représentants du personnel pour offrir des avantages en nature conséquent aux salariés (chèques cadeaux, voyages…).
"Dassault Aviation est une entreprise familiale résolument tournée vers le social. Déjà, Marcel Dassault avait instauré deux semaines de congés payés en 1934, deux avant son instauration par le Front Populaire en 1936", explique un cadre de chez Dassault Aviation qui assure, que "c'est une entreprise où il fait bon vivre".