Italcementi propose de racheter les titres qu'il ne contrôle pas encore dans Ciments Français à des conditions particulièrement avantageuses… pour lui, estiment plusieurs courtiers. Selon les termes de l'offre annoncée lundi 16 février, le cimentier italien propose 8,25 de ses propres actions pour chaque action Ciments Français. Sur la base du cours de clôture du 13 février, cette offre représente une décote de 3% avec le dernier cours coté de Ciments Français. Italcementi, qui se base sur la moyenne des cours des trois derniers mois du cimentier, estime que son offre représente une prime de près de 12,9%.
Le groupe italien détient déjà 82% du capital de Ciments Français et contrôle de facto le français sur un plan opérationnel. L'offre de rachat d'Italcementi intervient alors que la valorisation de nombreux cimentiers s'est effondrée en Bourse, avec en toile de fond une récession économique majeure dans les pays matures et un ralentissement significatif des économies émergentes, après plusieurs années de forte croissance.
Plusieurs courtiers estiment que cette transaction aura un effet neutre sur le bénéfice par action d'Italcementi, mais note que les termes sont difficilement acceptables pour les actionnaires de Ciments Français. "L'offre n'est pas du tout généreuse. En outre, l'endettement d'Italcementi est bien plus élevé que celui de Ciments Français", estime l'analyste de Kepler Capital Markets. "En première lecture de l'offre, nous conseillons de la rejeter", ajoute-t-il.
"A notre avis, cette transaction n'offre pas de prime attrayante. La prime de 12,9% semble moins attractive si l'on prend en compte le fait que les actions Italcementi ont pu être soutenues artificiellement par l'interdiction de vente à découvert en Italie jusqu'à la fin de décembre", relèvent les analystes d'Exane BNP Paribas dans une note. Une déception apparemment partagée par le reste du marché, puisque l'annonce a provoqué un effondrement de 11% du cours de Bourse de Ciments Français à 59 euros, mardi, à la Bourse de Paris. Le titre Italcementi a, de son côté, reculé de 3,1% à 7,53 euros.