Après le départ surprise de Fritz Henderson, Ed Whitacre, actuel président du conseil d'administration de General Motors, assure le rôle de DG par intérim… Au cours d'une conférence téléphonique mardi soir, il a indiqué que le processus de recrutement d'un successeur à Henderson avait démarré, mais "trouver un nouveau DG sera un défi".
Selon le Wall Street Journal, General Motors pourrait opter pour un candidat qui ne vient pas de l'industrie automobile, à l'instar d'Alan Mulally, un ancien de Boeing recruté par Ford, ou de Philippe Varin, ex-Corus débauché par PSA Peugeot-Citroën. Il pourrait ainsi chercher parmi les membres actuels de son "board", composé de personnalités comme Daniel Akerson (Carlyle), David Bonderman (TPG), Robert Krebs (Burlington Northern Santa Fe), Kent Kresa (Northrop Grumman)… ou Pat Russo (ex-Alcatel Lucent).
Pas à court d'idées, le quotidien voit comme successeur possible Carlos Ghosn, actuel patron de Renault-Nissan. "Une super-star automobile comme Carlos Ghosn pourrait redonner de la vigueur à la culture du groupe", écrit le quotidien. "Savoir s'il veut renoncer à la direction de Renault-Nissan n'est pas clair', ajoute le WSJ.
Un salaire sous surveillance
L'idée d'un rapprochement entre General Motors et l'alliance Renault-Nissan avait d'ailleurs été étudiée en juillet 2006, sous l'impulsion de Kirk Kerkorian, un actionnaire activiste qui détenait alors 9,9% du capital du constructeur américain. Elles avaient achoppé quatre mois plus tard sur la question des synergies que pouvaient retirer les deux parties d'un tel rapprochement.
Mais GM part dans sa quête d'un nouveau dirigeant avec un sérieux handicap. Avec les Etats américain et canadien à son capital, le constructeur devra faire valider par les pouvoirs publics la rémunération qui sera accordée au successeur d'Henderson.
Son remplaçant devra aussi être d'accord avec la vision du board sur ce que GM devra être. Car c'est sur une divergence de vue sur le périmètre que doit conserver le groupe que les administrateurs de GM ont décidé de renvoyer Fritz Henderson (qui souhaitait notamment vendre Opel). La partie est donc loin d'être gagnée.