Au petit jeu des pronostics électoraux, les traders ne sont pas en reste et se préparent à jouer serré si Barack Obama est élu 44ème président des Etats-Unis. Bien sûr, il sont nombreux à redouter des hausses d’impôts qui pourraient paralyser le marché. En même temps, les "valeurs Obama", celles des entreprises qui profiteraient des orientations économiques de la nouvelle administration, ont de bonnes chances de s’envoler. Il faudra réagir vite.
Il s’agit d’abord des environnementales. Les énergies renouvelables, solaire en tête, profiteront massivement du plan de 150 milliards de dollars en faveur des "greentech" promis par le sénateur de l’Illinois. La "ruée verte" sera violente. Indice révélateur, l’activité de fusion acquisition dans le secteur n’est pas en berne, en dépit de la crise financière qui lamine profits et investissements dans le reste de l’économie.
Les grands distributeurs d’électricité résistent bien à la récession et peuvent passer d’énormes contrats de panneaux solaires. First Solar, le premier installateur de panneaux solaire des Etats-Unis, devrait rafler une bonne partie de la manne démocrate. Sunpower, un fabricant de panneaux solaires parmi les plus rentables du monde, fournit le distributeur d’électricité californien Pacific G&E. Il vient aussi de remporter un contrat avec le distributeur d’électricité de Floride FPL pour construire la plus grande centrale solaire américaine, à DeSoto, en Floride. Il sera un très gros joueur dans l’Amérique d’Obama.
Energies renouvelables
Le candidat démocrate veut réduire la dépendance énergétique de son pays et réduire les émissions de carbone. Plus de dix grands Etats américains se sont fixé comme objectif de parvenir à un taux de 20% d’énergies renouvelables. Obama a promis d’aider les énergies alternatives et poussera les majors pétrolières à les financer. Obama veut 10% d’électricité générée par des énergies renouvelables d’ici 2012 et 25% pour 2025. Aujourd’hui, le taux est de seulement 3%. C’est dire si les investissements à venir sont gigantesques et les profits attendus jûteux. Dans l ’Union européenne, Iberdrola Renovables, EDF Energies Nouvelles, le danois Vestas ou l’Allemand Solarworld, sont bien placés.
Le fonds Market Vectors Global Alternative Energy ( turbines hydro électriques, panneaux solaires, carburants alternatifs comme l’éthanol et les piles à combustibles) profiterait aussi d’une victoire d’Obama. Son plan « New Energy for America » prévoit en effet de mettre sur les routes 1 million de voitures électriques hybrides d’ici 2015, et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% d’ici 2050.
Les "cleantech" ne seront pas les seules à boire le champagne si le démocrate est élu. Les pharmaceutiques pourraient surfer sur le projet de réorganisation du système de santé américain. L’indien qui fabrique des médicaments génériques, Dr. Reddy’s Laboratories, ou Cardinal Health (Obama compte instaurer, comme bien d’autres démocrates avant lui, une couverture maladie universelle). En Europe, Philips ou Siemens seraient dopées, ainsi que deux laboratoires très présents aux Etats-Unis, AstraZeneca et Sanofi Aventis.
Puisque le candidat Obama a promis de restaurer les infrastructures souvent vieillies du pays, les actions des grands groupes de BTP vont aussi devenir "hot". Comme à l’époque du New Deal, ponts, réseaux d’eau et d’électricité, autoroutes, vont connaître un nouvel essor. Le fonds Industrial Select Sector SPDR, le groupe texan Fluor et la banque de financement des infrastructures Ingersoll Rand, sont sur les starting blocks. Sur cette rive de l’Atlantique, Lafarge ou Holcim sont à regarder de près. Bouygues aussi.