"La production de l'A400M n'est pas arrêtée, elle est ralentie" précise à E24 la porte-parole d'EADS pour l'A400M. "La décision d'adapter la production en fonction des incertitudes sur l'agenda est logique", poursuit-elle. "Ils semble que les Etats sont conscients de l'impossibilité de continuer le développement de ce projet dans les conditions contractuelles intiales", souligne un analyste. "Les discussions achoppent sur les principes, EADS désirant conclure une renégociation avant le premier vol (avant de clôturer les comptes 2008, de manière à y inclure la provision additionnelle), les autres parties au programme (Etats et motoristes) souhaitant au contraire attendre ce premier vol pour valider les caractéristiques de base de l'avion."
A cela s'ajoutent des problèmes techniques: le moteur (fabriqué par Snecma, Rolls Royce et Mtu et ITP), et les équipements. Aujourd'hui, deux exemplaires sont assemblés, le troisième l'est en grande partie et les sections des deux appareils suivants (numéro quatre et cinq) sont en cours d'assemblage, indique Les Echos dans son édition du 4 novembre. Au-delà c'est la production en série qui devrait démarrer. Le premier A400M ne sera pas livré avant 2010. "Nous sommes confiants dans la résolution des différents problèmes", souligne la porte-parole.
Reste la question des provisions que devraient encore inscrire dans ses comptes EADS (un montant additionnel de 700 millions d'euros circule), sans compter sur les pénalités de retard qui incombent au Franco-Allemand. Hervé Morin, ministre de la Défense, lors de la présentation de la Loi de programmation militaire a laissé entendre que la France pourrait fermer les yeux sur la question.