Le numéro un mondial de la réassurance Swiss Re, frappé de plein fouet par la crise financière mondiale, a annoncé mardi 4 novembre être passé dans le rouge au troisième trimestre, révélant à l'occasion une nouvelle dépréciation d'actif.
Ces annonces ont fait dévisser le titre déjà malmené depuis plusieurs semaines à la Bourse suisse. Vers 11h, l'action Swiss Re perdait 5,18% à 48,12 francs suisses, dans un marché en hausse (1,53%).
Le groupe suisse, qui avait déjà procédé à des amortissements de 2,7 milliards de francs suisses, a réalisé sur la période une nouvelle dépréciation d'actifs de 861 millions (579,3 millions d'euros), notamment "en raison de la tourmente financière mondiale et une plus haute mortalité aux Etats-Unis", a-t-il indiqué dans un communiqué.
Sur ces amortissements, 289 millions ont été réalisés dans le portefeuille de contrats assurant le risque de crédit (CDS), un produit hautement "toxique" dans le cadre de la crise financière.
Swiss Re avait également reconnu en juillet être exposé à hauteur de 9,6 milliards de dollars à Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants américains du refinancement hypothécaire.
Alors qu'au troisième trimestre 2007 le groupe avait affiché un bénéfice de 1,5 milliard de francs suisses, le réassureur a essuyé cette année une perte nette de 304 millions de francs (205 millions d'euros). Dans le même temps, ses primes ont baissé de 16% à 6,5 milliards (4,3 milliards d'euros) sur un an.
Le bénéfice par action a été négatif de 0,93 franc suisse et la rentabilité des capitaux propres (ROE) est tombée de 2,7% sur un an.
La "haute volatilité des marchés financiers" et une forte demande des clients pour la réassurance ont pesé sur les résultats du groupe qui a dû suspendre son programme de rachat d'actions, a expliqué Swiss Re. Ce programme devrait toutefois être complété comme prévu d'ici avril 2010, a-t-il assuré.
Les demandes de réassurance pour l'ouragan Ike aux Etats-Unis, estimées à 250 millions de dollars en septembre ont notamment été revues à la hausse à 315 millions de dollars. Son coût total avec celui de l'ouragan Gustav est évalué à 365 millions de dollars par Swiss Re.
En conséquence, le département accidents a enregistré un bénéfice d'exploitation en baisse, à 99 millions de francs.
Malgré la crise financière mondiale, le groupe a confirmé ses objectifs à long terme, avec une croissance de 10% du bénéfice par action et une rentabilité des capitaux propres (ROE) de 14%.
"Notre solidité financière et notre stabilité nous permet de prodiguer les solutions qu'ils recherchent à nos clients", a expliqué le directeur général Jacques Aigrain.