Goodyear Tire and Rubber, le producteur américain de pneumatiques, en grande difficulté, a annoncé mercredi 18 février prévoir 5.000 réductions d'effectifs supplémentaires et un gel des salaires en 2009, après avoir dévoilé une perte nette de 330 millions de dollars au quatrième trimestre. Ces suppressions d'emplois s'ajoutent aux 4.000 déjà réalisées au second semestre 2008, a précisé le groupe.
Goodyear a vu ses ventes s'effondrer de 20% au quatrième trimestre, à 4,1 milliards de dollars, plombées par la crise que traverse l'ensemble du secteur automobile. Il avait dégagé au quatrième trimestre 2007 un bénéfice net de 52 millions de dollars. Hors éléments exceptionnels, la perte est ressortie à 1,37 dollar par action sur les trois derniers mois de 2008, pire que ce qu'attendaient les analystes, qui tablaient sur une perte de 1,03 dollar.
Sur l'ensemble de l'année, Goodyear a essuyé une perte nette de 77 millions de dollars, contre un bénéfice de 602 millions l'année précédente. En revanche, son chiffre d'affaires a résisté, s'établissant à 19,48 milliards de dollars, contre 19,64 en 2007.
Une décision judiciaire a été rendue le même jour par la cour d'appel de Versailles qui a déclaré non avenue l'ordonnance prise en première instance par le tribunal de Nanterre qui avait interdit au groupe Goodyear-Dunlop Tires France (GDTF) de mettre en oeuvre un plan social prévu dans ses deux établissements d'Amiens. Selon l'arrêt, les syndicats ont saisi le juge des référés au delà du délai légal autorisé (dans les 15 jours suivant chaque réunion du comité d'entreprise) et n'ont donc pas respecté les procédures légales.
La société GDTF est toutefois condamnée à verser des dommages et intérêts aux syndicats car elle "s'est abstenue devant les premiers juges" d'invoquer ces dispositions "manifestement dans un souci de faire obstacle à une nouvelle saisine du juge", précise l'arrêt. (GDTF) devra verser 5.000 euros de dommages et intérêts à la fédération nationale des industries chimiques CGT, la CGT Goodyear France et la CGT Goodyear Amiens.
En première instance en novembre 2008, le tribunal de Nanterre avait fait "interdiction à la société GDTF de mettre en oeuvre les PSE (plans de sauvegarde de l'emploi) tant que ces nouvelles procédures (d'information et de consultation) n’auront pas été menées à leur terme sous peine d’une astreinte de 1.000 euros par infraction constatée". Le groupe avait interjeté appel de cette décision.
La direction du groupe Goodyear-Dunlop avait confirmé le 15 juillet un plan de réduction de la production d'Amiens-Nord (ex-Goodyear) après la décision de la CGT, majoritaire, de dénoncer un accord sur une réorganisation du travail en quatre équipes au lieu de cinq.
Le plan prévoyait notamment la suppression de 402 emplois sur 1.400 et l'abandon d'un projet de regroupement avec Dunlop d'Amiens-Sud, dont salariés et syndicats avaient accepté, eux, la réorganisation. Cinquante-huit postes d'Amiens-Sud, correspondant au nombre de salariés qui avaient refusé de signer l'avenant à leur contrat pour changer d'horaires, avaient ensuite été ajoutés à la liste des suppressions d'emplois prévues.