Le nucléaire n'est pas LA solution énergétique. Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau sortir du nucléaire, explique à E24 sa position sur l'énergie nucléaire.
Selon vous, le nucléaire réduit-il la dépendance énergétique?
Non. Si on regarde les chiffres au niveau mondial, le nucléaire représente 2% de notre consommation mondiale d'énergie, alors que le chiffre est de 13% pour les énergies renouvelables, et 85% pour le charbon-pétrole-gaz. En France, 80% de l'électricité issue du nucléaire ne couvre que 16% de notre consommation totale d'énergie.
Mais en termes d'électricité, le nucléaire a-t-il permis de réduire notre dépendance?
Non plus. Lors de pics de consommation d'électricité, nous sommes obligés d'importer de l'électricité. L'Allemagne (qui veut sortir du nucléaire civil d'ici à 2020) est exportatrice nette d'électricité pour la France.
Quelles solutions préconisez-vous au niveau mondial?
Le développement des énergies renouvelables. En 2008, tous les barrages produisant de l'hydro-électricité ont produit 3.200 térawatt heure contre 2.700 térawatt heure pour les 440 centrales nucléaires de part le monde. Et la biomasse (filière bois) représente aujourd'hui 10% de la consommation d'énergie mondiale. En outre, les ressources hydro-électriques et éoliennes sont loin d'être optimisées dans tous les pays. D'ailleurs alors qu'une dizaine d'EPR est en projet, plus de 1.000 barrages hydroélectriques sont en train d'être construits.
Un pays peut-il aujourd'hui ne compter que sur les énergies renouvelables?
A terme oui, mais pas pour le moment. Et en fait, aujourd'hui, au-delà du débat pour ou contre le nucléaire, il faut réfléchir à une baisse de la consommation mondiale. L'idée ne serait pas de gaspiller de l'électricité sous prétexte qu'elle est issue des énergies renouvelables. Il faut aussi arrêter de présenter le nucléaire comme la solution, l'énergie de remplacement du pétrole ou du charbon. D'ailleurs Obama n'a pas donné un dollar pour le développement de l'énergie nucléaire aux Etats-Unis, alors qu'il a débloqué 50 milliards de dollars pour les énergies renouvelables. Avec le vieillissement des parcs nucléaires, les nouveaux EPR –s'ils sont réellement construits, ce qui reste à prouver- ne feront que remplacer les anciens. La part du nucléaire ne progresse pas en fait contrairement à la part des autres types d'énergie.