Le patron de l'avionneur Airbus, Thomas Enders, a affirmé mardi 2 juin que son groupe se portait bien malgré la crise financière, indiquant qu'il devrait atteindre son objectif de livraisons pour 2009 et qu'il n'"y a pas de menace" sur l'emploi. La situation financière d'Airbus ne se dégrade plus , indique son président, Thomas Enders, dans un entretien publié par Les Echos mardi.
"Nous nous portons bien, malgré la crise financière, les rumeurs de désastre et je ne sais quoi encore", explique-t-il dans cet entretien. "La situation financière a cessé de se dégrader, grâce notamment au fort soutien des agences gouvernementales de crédit aux exportations", affirme-t-il ajoutant que le groupe compte toujours livrer cette année "autant d'appareils qu'en 2008 (...) à condition évidemment qu'il n'y ait pas de nouvelle catastrophe financière" (soit 483 appareils, ndlr).
Pas de commandes majeures au Bourget
En revanche, Thomas Enders précise qu'Airbus n'attend "pas de commandes majeures" cette année lors du Salon aéronautique du Bourget, qui se tiendra du 15 au 21 juin. Concernant 2010, il estime que le groupe pourrait livrer "un peu moins d'avions qu'en 2009", soulignant que la visibilité manque sur l'année prochaine. "Si nous atteignons 300 commandes pour l'année 2009, ce sera un excellent résultat", a-t-il précisé, ajoutant que la "priorité n'est pas de prendre de nouvelles commandes", mais plutôt "de transformer les commandes existantes en livraisons". Sur ce point, "jusqu'à présent, nous ne nous en sortons pas trop mal. Nous enregistrons très peu d'annulations", souligne Thomas Enders.
Confiant pour l'A400M
Le patron de la filiale de European Aeronautic Defence & Space Co. se déclare par ailleurs "confiant" concernant le programme d'avion de transport militaire A400M. "Je suis confiant sur la possibilité d'aboutir à un accord avec nos clients", affirme-t-il. "Nous pensons que le premier vol pourrait se faire avant la fin de l'année", indique le patron d'Airbus, avec des premières livraisons vues "fin 2012, début 2013".
Pas de menace sur l'emploi
Interrogé sur l'emploi, le PDG d'Airbus a affirmé qu' "aujourd'hui, il n'y a pas de menace", le groupe disposant déjà, grâce notamment aux emplois à durée déterminée ou temporaires, et au recours au "compte épargne temps collectif, ou éventuellement au chomage partiel", d'une "flexibilité de l'ordre de 20 à 25%" en la matière. "Aujourd'hui l'objectif est bien de maintenir les effectifs autant que possible, car nous avons besoin de personnel qualifié pour réussir nos challenges", a-t-il fait valoir.
Revenant enfin sur l'accident de l'A330 lundi qui assurait la liaison entre Rio de Janeiro et Paris, Thomas Enders a réaffirmé qu'Airbus offrirait "tout le soutien possible et toute (son) assistance aux autorités en charge de l'enquête pour contribuer le plus rapidement possible à déterminer les causes de ce drame".