L'économie américaine devrait se reprendre graduellement d'ici la fin de 2009 malgré le maintien d'un chômage élevé, a déclaré mardi 5 mai le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis, Ben Bernanke. Un diagnostic partagé par le président de la Réserve fédérale de Minneapolis, Gary Stern, et sa collègue de San Francisco, Janet Yellen.
"Nous continuons de prévoir que l'activité économique touche le fond et se reprenne plus tard cette année", a déclaré Ben Bernanke devant la Commission économique mixte du Congrès américain.
"L'élément clef de cette prévision est notre perception selon laquelle le marché du logement commence à se stabiliser et les forts déstockages en cours vont ralentir au cours des trimestres à venir", a-t-il expliqué. La demande en logement des ménages devrait "être soutenue par la relance budgétaire et monétaire", a indiqué Ben Bernanke.
Ben Bernanke a par ailleurs souligné que les déstockages avaient contribué pour près de la moitié à la chute du produit intérieur brut américain au premier trimestre. Sur ces trois mois, la croissance s'est contractée de 6,1% en rythme annuel, après -6,3% au dernier trimestre 2008.
"Notre pronostic est assorti d'une mise en garde importante dans la mesure où il part du principe que le système financier va continuer de se rétablir progressivement", a-t-il néanmoins ajouté, en précisant qu'une du secteur financier pourrait "faire caler la reprise naissante".
"Même une fois que la reprise sera en cours, le taux de croissance de l'économie devrait rester inférieur à son potentiel à long terme", a prévenu le patron de la Fed. "Une fois que la reprise économique commencera, il est probable que le rythme de l'expansion soit modéré pendant un moment", a de son côté affirmé Gary Stern, dans un discours prononcé devant des étudiants à Minneapolis. En soirée, Janet Yellen a à son tour estimé que "la reprise, quand elle arrivera, sera très progressive par rapport à celle qui a suivi d'autres récessions marquées".
"Je crois que le scénario le plus probable est que le PIB réel augmente à un rythme lent mais positif au deuxième semestre, avant une croissance conforme à la tendance en 2010", a ajouté la présidente de la Réserve fédérale de San Francisco. Un scénario plus optimiste que les dernières prévisions du HFMI, qui table sur une croissance américaine nulle l'an prochain.
Dans les mois à venir, "les entreprises devraient se montrer prudentes dans leurs embauches" et "le taux de chômage pourrait par conséquent rester élevé pendant un certain temps, même une fois que l'économie se sera reprise", a par ailleurs estimé Ben Bernanke. Le taux de chômage américain était de 8,5% en mars, son plus haut niveau depuis fin 1983. Les analystes s'attendent que les chiffres officiels d'avril, qui doivent être publiés vendredi, le propulsent à 8,9%.
Plusieurs économistes s'attendent que le chômage puisse atteindre 10% en 2009 et qu'il ne culmine que l'année suivante. Il est probable "qu'il faudra un certains temps avant que la conjoncture s'améliore considérablement sur le marché du travail", a pour sa part averti le président de la Réserve fédérale de Minneapolis. Selon lui, l'emploi ne pourra s'améliorer qu'une fois que les secteurs en difficulté, comme la finance, le BTP, ou l'automobile, se seront stabilisés.