Bilan 2008 guère brillant pour le capital investissement français

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Publié le 11 février 2009.

Le secteur subit le manque d'appétit des investisseurs pour le risque

L'industrie du "private equity" en France souffre. Après une diminution des investissements due à l'assèchement des sources de financement, c'est maintenant un recul prononcé des levées de fonds que les fonds d'investissement doivent gérer.

Le secteur pâtit du manque d'appétit des investisseurs pour le risque. Après avoir été soutenues au cours du premier semestre, avec près de 9 milliards d'euros levés, les levées de fonds ont chuté au second semestre, les clients se faisant plus discrets. Sur l'année, 10 milliards ont été levés, selon les chiffres fournis par l'Association française des investisseurs en capital (AFIC).

Ces sommes, collectées à 90% via des Fonds commun de placement à risque (FCPR), devraient en effet se contracter en raison de l'appétit des investisseurs pour les placements plus sûrs, comme les obligations. Les fonds collectés sont en effet investis à 80% dans le capital de PME/PMI à différents stades de leur croissance (encadré). Avec comme objectif la revente de la société au bout de quelques années avec l'espoir de réaliser une confortable plus-value. Or deux des principaux canaux de cession sont verrouillés aujourd'hui. "Les introductions en Bourse se font rares et les grands groupes limitent leur politique d'expansion", explique Pierre de Fouquet, président de l'AFIC.

Dans les opérations de rachats par endettement (LBO), les investissements ont baissé de 21% au cours du premier semestre 2008. Les investissements ont même chuté de 38% pour les opérations de plus de 100 millions d'euros. Avec le gel du marché du crédit, il devient en effet très difficile d'emprunter des montants importants et le coût de la dette s'est renchéri.

Les opérations déjà réalisées de rachat avec effet de levier pourraient prendre une tournure dramatique pour les actionnaires et les salariés. "Les premiers dossiers de LBO arrivent", a indiqué à l'AFP lundi 9 février le médiateur du crédit René Ricol, chargé de s'assurer que les entreprises bénéficient bien de l'argent public prêté aux banques. "Ces sociétés ont un très bon résultat d'exploitation", mais "ce qui les met en difficulté, ce sont les dettes des actionnaires contractées pour acquérir le capital", explique-t-il. L'endettement contracté lors de l'acquisition est en effet supporté pour partie par la société cible. Un mécanisme idéal quand la société est en croissance, mais qui se fragilise fortement en période de récession de l'économie.

Julien Beauvieux
Emploi

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