"Même si la confirmation formelle reste à obtenir en récupérant un débris et en effectuant une analyse technique, le doute n'est plus permis", a estimé le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major des armées de Paris. Selon lui, un appareil de patrouille maritime français Atlantique 2 a, à son tour, survolé ces dernières heures la zone où l'armée de l'air brésilienne avait découvert mardi en haute mer "une frange de cinq kilomètres de débris d'avion", certainement l'Airbus A330 disparu avec 228 personnes à son bord.
Collecter les débris
D'autres vols sont prévus mercredi, dont celui d'un avion radar Awacs français qui doit effectuer une "cartographie" des débris pour tenter de déterminer le lieu de l'accident et permettre ensuite le repêchage des boîtes noires, a précisé le commandant Prazuck. Plusieurs navires devaient se joindre mercredi 3 juin aux recherches aériennes pour commencer à collecter les débris de l'Airbus A330 d'Air France, une catastrophe dont les causes restent encore mystérieuses.
Depuis 24 heures, plusieurs appareils brésiliens faisaient des recherches conjointement avec la France, les Etats-Unis et l'Espagne, au milieu de l'Atlantique pour tenter de repérer l'épave du vol AF 447 assurant la liaison Rio-Paris, disparu dans la nuit de dimanche à lundi. La zone de la chute de l'avion -située à un millier de km des côtes du Brésil et 2.000 km des côtes sénégalaises- avait été délimitée grâce aux derniers messages techniques émis par l'appareil.
Trois navires marchands présents dans le secteur ont été déroutés afin de participer aux recherches et étaient arrivés dans la zone en début de soirée. Ils devaient être rejoints dans la matinée par un patrouilleur de la marine brésilienne, puis par une frégate et une corvette. Le ministre de la Défense brésilien a déclaré que le patrouilleur "commencerait les travaux de récupération des débris qui ont été localisés".
"Pourquoi pas" sur place
La France a également décidé de dépécher sur place son navire de recherche et d'exploration sous-marine "Pourquoi pas", équipé de deux robots sous-marins, afin de tenter de repérer l'épave et les boîtes noires qui gisent probablement par plusieurs km de profondeur. Celles-ci émettent en principe pendant un mois un signal permettant de les localiser jusqu'à 6.000 mètres de profondeur.
La base principale des opérations a été installée dans l'archipel de Fernando de Noronha, à 350 km des côtes et à 650 km du lieu de la catastrophe, connu pour la beauté de ses plages désertes et de ses fonds marins. Mardi, une activité inhabituelle a régné sur le petit aéroport touristique où on pouvait voir un hélicoptère Black Hawk ainsi que l'avion radar Embraer R-99 qui fut le premier à détecter les débris de l'Airbus.
Percer le mystère
La collecte des débris pourra peut-être permettre aux spécialistes français, qui ont été chargés de l'enquête par le Brésil, de percer le mystère de la disparition soudaine du vol AF 447. Dans l'attente d'éléments matériels, les responsables français ont appelé à la prudence face aux premières explications avancées, notamment sur la possibilité que l'avion ait été touché par la foudre dans une zone dangereuse où se rencontrent des masses d'air des deux hémisphères, appelée "pot au noir". Le dépouillement des données envoyées automatiquement par l'Airbus avait fait apparaître une "succession d'une dizaine de messages techniques" signalant des pannes, selon Air France. "Aucune hypothèse" n'est "pour l'heure privilégiée", a rappelé le Premier ministre français, François Fillon, devant le Parlement.