Robert Riblet n'en démord pas : les jeux de grattage de la Française des Jeux (FDJ) sont une « tricherie organisée »
L'homme, 60 ans, qui porte beau et se présente comme ingénieur – il est aussi lauréat du 75e concours Lépine pour avoir créé le court de squash autoportant –, a assigné en justice la société détenue à 72% par l'Etat
Il explique avoir découvert une « anomalie », en 2001, lors « d'un pot avec des amis gendarmes dans un bar »
Depuis quatre ans, il l'aurait vérifiée sur « plusieurs centaines de bandes de tickets » à gratter – surtout Black-Jack et Vegas – et accuse la FDJ d'organiser un « hasard programmé »
En clair, selon Robert Riblet, tous les joueurs qui grattent des tickets n'ont pas une chance égale de gagner
Son argumentaire est le suivant : les détaillants de la Française des Jeux reçoivent des bandes ou des livrets composés de tickets dont certains sont gagnants
Dès que ces tickets gagnants auraient été achetés, les tickets suivants seraient forcément des perdants
Le débitant peut le savoir, et alors, vendre à un client un ticket à tous les coups perdant
En appui de son accusation, Robert Riblet livre les témoignages de deux anciens détaillants qui reconnaissent de telles pratiques (lire ci-dessous)
La Française des Jeux édite près de 2 milliards de tickets de grattage par an
Les gagnants sont, selon elle, répartis d'une manière « aléatoire » et « pilotée informatiquement »
Malgré ces précautions, la FDJ reconnaît avoir reçu Robert Riblet et son avocat, Gilbert Collard, à deux reprises, en juin et juillet 2005
Sûr de son savoir technique, Riblet réclamait alors 91 000 e en dommages et intérêts
Aujourd'hui, il affirme que lors de ces réunions, la FDJ lui aurait proposé 300 000 e pour « acheter son silence »
Une version totalement contestée par la Française des Jeux
En attendant, Robert Riblet est sur le point de monter un collectif de joueurs mécontents, et réclame désormais 2 millions d'euros, somme des gains maximaux des jeux dont il dénonce l'irrégularité
Dimanche soir, M6 diffuse, dans « Capital », une enquête sur les jeux de grattage, à laquelle il a participé
Quant à la justice, le tribunal de Nanterre doit éplucher les pièces de la FDJ le 27 février, avant d'examiner l'affaire sur le fond
Bastien Bonnefous