C’est une première judiciaire. Le tribunal de Nanterre a condamné vendredi le laboratoire UCB Pharma, fabricant du Distilbène (DES), à payer 310 000 e de dommages-intérêts à la famille d’une femme morte du cancer. Comme beaucoup de femmes à l’époque, la mère de la victime suivait un traitement au Distilbène pendant sa grossesse pour prévenir une fausse couche. Les experts médicaux ont estimé que le médicament était à l’origine du cancer de sa fille. Cette dernière est décédée le 28 novembre, à l’âge de 34 ans. « Il n’y avait pas, pour sa maladie, d’autre facteur de risque que celui d’une exposition au DES in utero », ont déclaré les experts.
Le tribunal a reproché à UCB Pharma d’avoir « manqué à son obligation de vigilance et commis une série de fautes en ne surveillant pas l’efficacité du produit » mise en doute par des études dès les années 1950. Les 310 000 e de dommages-intérêts sont payables immédiatement par le laboratoire aux parents et à la compagne de la victime.
Lors de l’audience de plaidoirie du 26 novembre, Martine Verdier, avocate de la victime, avait demandé 600 000 e pour le préjudice. Les conseils d’UCB Pharma avaient, eux, dénoncé la « partialité » des experts judiciaires, accusés de mener « une croisade contre l’industrie du médicament ». Pour Martine Verdier, « le monde pharmaceutique a un poids médiatique qui permet de faire passer des vessies pour des lanternes ». On estime le nombre d’enfants nés dans les années 1970 et ayant pu être exposés au Distilbène à au moins 160 000.
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