Elles sont de retour sur le littoral breton. Avec un peu de retard, mais en nombre. Plus de 3.700 tonnes d'algues vertes ont été ramassées en trois semaines dans la seule commune de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor), soit le double de la récolte effectuée l'année dernière à la même époque.
La collecte des algues et son financement devraient rapidement s'inviter à la table du conseil scientifique «marées vertes», mis en place ce lundi et chargé du pilotage du plan national de lutte contre les algues vertes, annoncé en février. Car les collectivités locales ont assumé 80% du coût du ramassage l'an dernier. Et l'Etat, reconnu par la justice responsable de la prolifération des algues en décembre dernier, ne participera cette année qu'à hauteur de 700.000 euros.
Inadmissible pour Michel Guillemot, président de l'association Halte aux marées vertes. «L'Etat a été reconnu coupable, c'est donc à lui de payer la facture. C'est d'autant plus injuste qu'il continue la politique irresponsable ayant conduit à la prolifération des algues. Alors que l'on sait que les élevages [par le rejet de nitrates] sont les premiers responsables des marées vertes, il vient d'autoriser des agrandissements d'exploitation!» Dans la baie de la Lieue de Grève, les élus ont sorti la calculette. Alors que les dépenses liées aux algues étaient de 400.000 € en 2009, elles devraient atteindre cette année 1,4% million d'euros pour cette seule baie. Une augmentation qui était «prévisible», selon une note publiée vendredi par la chambre régionale des comptes de Bretagne, au vu des exigences en matière de ramassage et retraitement du plan gouvernemental.
>> Les algues vertes tuent-elles vraiment? Cliquez ici pour le savoir