Forfait sur blessure, c’est classique. Mais forfait pour une maladie génétique bien connue dans le monde du sport, c’est plus rare. L’hématologue Gérard Dine nous donne les clés pour comprendre la drépanocytose, le mal mystérieux dont souffrirait Lassana Diarra. En revanche, ce médecin impliqué dans le monde du sport ne comprend pas comment cette maladie a pu passer inaperçu aux yeux du staff de l’équipe de France.
C’est une maladie de l’hémoglobine, la molécule située dans les globules rouges qui capte l’oxygène pour le transporter. Cette maladie est génétique et il en existe deux grandes formes: une majeure, lorsque l’anomalie est transmise par les deux parents, et une mineure, lorsqu’un seul la transmet. Lorsqu’un individu, comme Diarra, n’est touché que par la forme mineure, il ne va pas forcément être malade. Mais son niveau de globule rouge sera à la limite de la norme inférieure, ce qui peut être un handicap dans le sport de haut niveau. En clair, il ne sera pas malade, mais il peut y avoir des inconvénients visibles. Ainsi, il est possible que le porteur fasse une crise de falciformation lorsque la pression baisse.
Si l’on en croit les informations pour le moment disponibles, oui. La montée en altitude au-dessus de 2.000 m crée cette baisse de pression. Idem quand on monte dans un avion, par exemple. Dans ces cas-là, l’hémoglobine se cristallise et donne aux globules rouges une forme de faux ou de faucille, d’où le terme «falciformation». Or, ces globules déformés ne passent pas bien dans les petits vaisseaux et peuvent bouchonner. C’est ce qui produit des douleurs abdominales et osseuses.
L’anomalie n’est recensée que chez les populations noires. C'est une maladie très bien connue dans le sport de haut niveau car la performance sportive est liée au transport d’oxygène. En France, il y a des dizaines de personnes tout sport confondus parfaitement identifiées. Il faut rapidement diagnostiquer ce genre de maladie pour aider le sportif dans la performance, dans la récupération et pour éviter qu’il ne fasse des crises de falciformation.
En tant qu’hématologue et biologiste travaillant dans le domaine du sport, je suis très surpris par cette situation. Surtout quand on sait que le football demande une grande endurance. Sans oublier que l'évaluation du transport de l’oxygène est essentiel pour connaître le potentiel d’un joueur.
C’est possible car le réveil de la falciformation est variable en fonction, par exemple, d’une situation physiologique particulière ou d’un traitement médical qui peut interférer.
Je me pose trois questions. Est-ce que le Real Madrid était au courant? Et s’il le savait, pourquoi ne l’a-t-il pas dit avant à l’équipe de France? Enfin, si les deux staff étaient au courant, pourquoi avoir pris le risque d’emmener Diarra sur un glacier à plus de 3.000 m? Si c’est ce qui s’est passé, c’est inquiétant pour le suivi médical des footballeurs.
Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a aucun lien entre cette maladie et le dopage sanguin. En revanche, ce qui me gène, c’est que depuis deux jours, beaucoup d’informations circulent, mais il n'y a toujours pas de communiqué médico-professionnel qui viserait à défendre les intérêts du joueur. Pour éviter toute interprétation malencontreuse, il serait opportun que le Real Madrid ou l'équipe de France donnent des informations médicales officielles. Si ce joueur est malade, il faut le défendre et lever les doutes.
| 1 | Montpellier | 82 | 38j | +34 | |
| 2 | PSG | 79 | 38j | +34 | |
| 3 | Lille | 74 | 38j | +33 | |
| 4 | Lyon | 64 | 38j | +13 | |
| 5 | Bordeaux | 61 | 38j | +12 | |
| 6 | Rennes | 60 | 38j | +9 | |
| 7 | Saint-Etienne | 57 | 38j | +4 | |
| 8 | Toulouse | 56 | 38j | +3 | |
| 9 | Evian-Thonon | 50 | 38j | -1 | |
| 10 | Marseille | 48 | 38j | +4 |