Ils se sont attaqués à un symbole. Couchés devant une agence de la BNP-Paribas, près de deux cents salariés et bénévoles d'associations œuvrant dans l'accueil et l'insertion des sans-abri ont dénoncé la baisse des moyens alloués par l'Etat. « Le gouvernement prête aux banques et réduit ses aides aux plus pauvres », s'insurgeait l'un d'entre eux.
300 places d'urgence manquantes
Selon ces militants, l'enveloppe budgétaire pour l'année 2010 serait ainsi amputée de 30 % pour les centres d'hébergement d'urgence de Midi-Pyrénées. C'est le cas du gîte Vélane, à Toulouse, qui accueille en permanence 43 femmes seules ou en couple. « Assumer une telle baisse en accueillant le même nombre de personnes, je ne sais pas faire. D'autant que nous travaillons déjà à flux tendus », peste Anne-Claire Hochedel, responsable du site qui emploie huit personnes.
Une situation qui pourrait mettre en danger la pérennité de certains lieux « alors que nous manquons de 300 places d'urgence selon un diagnostic fait avec l'Etat », note un membre de la veille sociale. Depuis le début de l'année, le 115 a du mal à répondre aux demandes. Sur les 1 100 personnes ayant appelé en janvier et février, une solution a été apportée à la moitié d'entre elles. Depuis, c'est dans un cas sur trois. Du côté de la préfecture, on estime que « les crédits alloués ne seront pas en baisse, ils ne sont seulement pas notifiés en totalité en début d'année aux associations », souligne Yann Ludmann, sous-préfet chargé de la politique de la ville. Ce dernier assure que « les moyens devraient être maintenus au niveau de 2009, soit 20 millions d'euros pour la Haute-Garonne ».