Le PSG rêve de tribunes pacifiées

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Publié le 18 mai 2010.

FOOT - Même si pour y parvenir, il faut les vider...

Un supporter de la tribune Auteuil sagement assis à côté d’un supporter de Boulogne. Robin Leproux a fait un rêve et compte bien qu’il devienne réalité. Le président du PSG a donc présenté mardi une série de mesures visant à «pacifier le Parc des Princes et restaurer l’image [du] club». Ce plan antiviolence cible tout particulièrement les deux virages mis en cause dans les incidents en marge du PSG-OM du 28 février qui ont causé la mort d’un supporter.

«On a atteint le point de non retour entre les deux tribunes» constate Robin Leproux. D’où les deux mesures les plus fortes de son plan: la suppression des abonnements à Auteuil et Boulogne et le placement aléatoire des supporters dans ces deux tribunes. «Le but n'est pas de tomber dans le tout sécuritaire mais que tous acceptent de cohabiter, poursuit le président du club. On ne doit plus détester l'autre. Si on ne fait rien pour sauver le club, on aura un nouveau drame.»

«Les associations de supporters peuvent être positives»

En contrepartie, il faut s’attendre à de nombreuses défections de la part des supporters. «Il y a un risque, analyse Nicolas Hourcade, sociologue du monde supporter. Il est certains que certains ne vont plus se reconnaître dans le nouveau Parc des Princes et ceux qui ne venaient pas au stade auparavant vont probablement attendre avant de venir.» Le risque de voir le Parc se vider est anticipé par le PSG. «On va passer par un goulot d'étranglement désagréable pendant quelques mois au niveau du public, reconnaît Leproux. C'est le prix à payer. C'est un tournant historique. On ne remplacera pas tout de suite ces tribunes. J'espère que cela n'excèdera pas un an.» Car le club précise que ce dispositif est «évolutif et transitoire».

Dans sa volonté de tout casser, le PSG ne devra pas oublier de reconstruire. D’abord, en rassurant son public. «Une personne de couleur qui se retrouve à Boulogne doit être sûre que sa sécurité est garantie. Il va falloir un dispositif spécial à cet effet», prévient Nicolas Hourcade. Ensuite, en créant un nouveau public. «Il y a un certain nombre de personnes qui ne viennent plus au Parc des Princes, qui est pourtant une des plus belles enceintes de France, souligne ainsi Sébastien Bazin, président de Colony Capital Europe, l'actionnaire du club. Il n'y a pas assez de femmes au Parc, pas assez d'enfants.» Pour y remédier, le PSG a prévu de céder les parties hautes d’Auteuil et Boulogne aux enfants des clubs franciliens, ainsi que d’attirer les familles en promettant la gratuité pour les femmes et des places à demi-tarif pour les moins de 16 ans. Mais il faudra faire plus, selon Nicolas Hourcade: «Certains supporters ont encore envie de mener une activité associative. Il y aurait peut-être moyen de reconstruire quelque chose de avec les victimes collatérales de ce plan, ceux qui n’ont rien à voir avec la violence. Les associations de supporters peuvent être positives.»

Matthieu Payen
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