Les logiciels de retouche dénaturent l’authenticité des images, et le festival de photojournalisme Visa pour l'Image qui se tient du 30 août au 5 septembre 2010 à Perpignan, entend bien le dénoncer.
Le président du festival, François Leroy, a expliqué dans la présentation de l’édition de l’été 2010: «On exigera désormais pour les expositions de Visa les fichiers numériques originaux», afin d’être sûr que le résultat n’est pas purement artificiel.
Les logiciels de retouche n’ont jamais été les meilleurs alliés du photojournalisme: avec les doutes qu’ils permettent de faire peser sur les images, ou les fraudes qu’ils engendrent parfois. Mais l’aspect esthétique est aussi un handicap fort.
«Vous connaissiez le ciel violet et les nuages roses de Haïti après le séisme, des gravats si blancs qu'ils en deviennent éblouissants, eh bien non en vrai leur ciel est gris et les gravats sont ternes».
«Certains photographes ne se rendent pas compte qu'ils se tirent une balle dans le pied quand leurs photos sont plus éclatantes que la page de publicité qui côtoie leurs images», s’est insurgé François Leroy.
En mars 2010, lors de la remise du dernier prix World Press Photo - prestigieux prix de photojournalisme - le lauréat Stepan Rudik, s'était vu retirer son prix quand le jury s'était rendu compte que l'image primée avait été extrêmement retouchée. Le comité avait estimé que le photographe avait violé les règles qui précisent que «le contenu de l’image ne doit pas être altéré».