FOOT - A un mois de l’attribution de l'Euro 2016, le directeur général de la FFF fait le point sur la candidature française...
Qui de la France, de l’Italie ou de la Turquie organisera le Championnat d’Europe?
L’UEFA rend son verdict le 28 mai prochain. Cheville ouvrière du dossier français, Jacques Lambert tient à se montrer rassurant sur la question des stades.
Quels sont les points forts du dossier français?
La France dispose de l’ensemble des infrastructures publiques et privés réclamées par l’UEFA, à l’exception des stades. D’ici à 2016, la France n’a aucun autre investissement à réaliser que la rénovation ou la construction des stades. Cela nous permet de nous concentrer seulement sur ce point et de ne pas penser à construire un tronçon d’autoroute ou un aéroport. Depuis vingt ans, la France a aussi montré qu’elle savait organiser les grands événements sportifs à travers les JO d’Albertville 1992, la Coupe du monde 1998 de
football ou le Mondial de
rugby en 2007.
A Lille et à Lyon, on voit la difficulté de construire des nouveaux stades. Comment avez-vous fait pour rassurer l’UEFA sur ce point? Tout reste encore à faire …
Vous pensez que c’est différent en Turquie et en Italie… Notre travail était d’obtenir des villes des dossiers de candidatures. En tout et pour tout, elles avaient entre six et huit mois pour monter leur projet. Il s’agit avant tout de donner l’assurance à l’UEFA que les accords juridiques, politiques et financiers nécessaires à la construction ou rénovations des stades sont pris. Dans le dossier que nous avons fourni, il y a tous les éléments exigés par l’UEFA.
Peut-on chiffrer ce que coûterait l’organisation de l’Euro 2016 au contribuable?
Le coût global de notre projet est écrit noir sur blanc dans notre dossier, il s’élève à 1,7 milliard d’euros pour la rénovation ou la construction des 12 stades. Sur ce 1,7 milliard, il existe trois types de financement. A Lyon, le projet s'appuie sur des investissements privés à 100% à l’initiative de l’Olympique Lyonnais. Ensuite, il y a des investissements publics-privés comme à Bordeaux. C’est le mode de financement majoritaire. Il reste encore des projets entièrement publics comme à
Toulouse. En tout, l’investissement privé représente 60%. Le financement public devrait s’élever à 700 millions d’euros.
Qu’attendez de l’organisation de cet Euro 2016?
En 1998, mis à part la construction du Stade de France, on n’a pas réussi à mettre les autres stades français au niveau de confort qu’exige le
football moderne. L’héritage de cet Euro – si on l’obtient – sera de permettre pour les 50 ans à venir un relèvement très significatif du niveau des enceintes françaises. Sans ce déclencheur qu’est l’organisation de l’Euro, ça serait impossible.
Est-ce une chance que Michel Platini soit président de l’UEFA?
Non,
Michel Platini ne vote pas. Il se fera un devoir vis-à-vis de sa fonction d’être neutre.
Propos recueillis par M.GO