Un rapport parlementaire publié mercredi met en garde contre une diminution «trop brutale» de l'utilisation de certains pesticides en France, tel qu'envisagé par le Grenelle de l'environnement. Il suggére en revanche une simplification de la réglementation.
Ce rapport sur «Pesticides et santé», demandé à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), a été conduit par le député UMP Claude Gatignol, vétérinaire, et le sénateur UMP Jean-Claude Etienne, professeur de médecine.
Comme le rappelle ce texte, la France, 1er producteur agricole européen, est également en tête en Europe pour la consommation de pesticides. Ces produits et leurs résidus «sont présents dans tous les compartiments de l'environnement», selon le rapport. Mais leur usage est «très sérieusement limité et encadré».
Si les rapporteurs reconnaissent les inquiétudes du public par rapport aux pesticides, ils se demandent si «les bénéfices liés à l'usage des pesticides sont suffisamment pris en considération». Car leur usage garantit à l'agriculteur «la sécurité de revenus stables», et au consommateur des produits «accessibles au plus grand nombre».
Quant aux effets sur la santé, «aucune étude scientifique n'est en mesure aujourd'hui de faire chez l'homme un lien entre la consommation d'aliments issus de l'agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies», estime le rapport.
«Ils passent à côté d'une grande partie du problème», estime François Veillerette, du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF). Il note par exemple le manque d'intérêt pour la production intégrée, qui évite au maximum les pesticides, et l'absence de prise en compte d'études montrant des effets sur la santé des populations, et estime qu'il faudrait plutôt «renforcer» la législation.
Le rapport précise en outre que les agriculteurs, certes, souffrent davantage de certaines maladies, comme les cancers de la prostate ou des lèvres, des maladies respiratoires ou de troubles de la reproduction. Mais, note le rapport, «ils ne sont pas exposés aux seuls pesticides».
Le rapport recommande une simplification de la réglementation, qui permettrait d'autoriser l'usage de pesticides «pour une famille de plantes» et pas seulement pour une variété. Un indicateur pourrait mesurer «les quantités de matières actives utilisées» et pas seulement «les quantités de pesticides présentes dans l'environnement».