Comment va se dérouler ce procès ?
Les jeunes inculpés seront jugés par des juges professionnels. Une première partie du procès, du 21 au 29 avril, sera consacrée à une enquête de personnalité et à savoir s'ils reconnaissent les faits ou les contestent. Contrairement au droit français, le droit serbe autorise les avocats de la défense à demander pendant l'audience de nouvelles mesures d'expertise ou une reconstitution. Il y en aura assurément une. Du coup, je crains fort que cela ricoche et que l'on perde plusieurs semaines encore sur la deuxième partie du procès, la plus importante, qui était prévue fin mai.
La famille de Brice Taton
va-t-elle faire le voyage ?
Oui. Ce qui n'est pas facile, mais cette présence est indispensable à la fois pour honorer la mémoire de Brice et pour impressionner les juges.
Que s'est-il passé exactement ?
Les procès-verbaux laissent voir de manière très claire qu'il y a eu une concertation téléphonique. Avec pour objectif de se regrouper et bien évidemment d'agresser les Français. Cette concertation a donné lieu à une convergence vers un jardin public d'une vingtaine de jeunes qui font partie de deux groupes de supporters. L'un s'appelle les « Irréductibles » et l'autre, c'est assez évocateur, les « croque-morts ». Dans ce parc, il y a eu une distribution de masques en vue de dissimuler les visages, ce qui montre qu'il y a eu préméditation. Et ça, c'est très important pour moi car les peines encourues sont beaucoup plus graves et peuvent aller jusqu'à quarante ans.
La question qu'il faut se poser, c'est celle de la motivation. Ou il s'agit d'un nationalisme exacerbé, ou bien, je pencherai plutôt pour ça, uniquement d'un problème de hooliganisme. Je pense que l'Etat serbe voudra marquer le coup parce que, pour lui, c'est une tâche indélébile.
Brice Taton a été attaqué le 17 septembre 2009 dans le centre-ville de Belgrade. Il est mort onze jours plus tard dans la capitale serbe. Quatorze des quinze « inculpés » seront jugés pour « meurtre aggravé ».