L'atout rugby pour plaquer le chômage

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Publié le 14 avril 2010.

Société Le Stade Toulousain joue la carte de l'insertion professionnelle avec les jeunes des quartiers

Hadjel, le boxeur de Bagatelle, ne tutoie plus que ses copains. Il est sur le point de décrocher son premier CDD comme livreur dans une société de messagerie, « le boulot de ses rêves ». Quant à Véronique, la basketteuse, elle a « vaincu [sa] timidité » et a appris à affiner son CV. Elle part à la chasse au patron pour décrocher un contrat en alternance dans la lunetterie. Avec Khadidja, la danseuse, Mickaël, le mécano, désormais en CDI dans un garage gersois, et Fayçal, le leveur de fonte de Bellefontaine, la promo Rugby Emploi 2010 est au complet. Ces jeunes sportifs, issus des fameuses « zones urbaines sensibles » et « sélectionnés » par la mission locale de Toulouse, viennent de passer trois mois dans le prestigieux paquebot du Stade Toulousain.

Un club bien seul dans la mêlée
Et si Khadidja a eu le bonheur de rentrer par inadvertance dans Frédéric Michalak, tandis que Fayçal passait son temps à observer la préparation physique des espoirs, ils n'étaient là ni en groupies ni en touristes, mais en formation. « A concurrence de vingt heures par semaine, pour affiner leur projet d'emploi, travailler leur CV, leurs compétences sociales et leur savoir-être », énumère Nadine Messias, la coordinatrice de la formation. Et pour les stages en entreprise, c'est du velours. « Nous faisons jouer notre réseau de partenaires », explique le président du club, René Bouscatel, pas peu fier de s'illustrer comme « une entreprise citoyenne ». Dans le domaine de l'insertion, le Stade Toulousain en est à sa quatrième saison. « Avec 90 % de réussite. » « Il reste encore un des rares clubs professionnels à jouer le jeu, », souligne Philippe Salles, le délégué général de la Fondation du sport, à l'origine de Rugby Emploi. Nicolas Tissot, vice-président de la mission locale, apprécie « que l'image positive que véhicule le club soit mise au service des jeunes des quartiers ». Mais il en faudrait plus pour vraiment peser dans la mêlée : 8 700  jeunes de moins de 26 ans poussent tous les ans la porte de la mission locale de Toulouse.

Hélène Ménal
Le foot aussi

La Fondation Agir contre l'exclusion (Face), un club d'entreprises et la Fédération française de Football lanceront lundi à Toulouse l'opération « un but pour l'emploi ». A l'instar de Rugby Emploi, cette formation rémunérée concerne 15 stagiaires, tous licenciés du ballon rond. Elle alterne cours et stages, afin de les accompagner vers un emploi pérenne. « Avec la certitude d'un contrat professionnel à la clé », précise Isabelle Eches, la présidente de Face Grand Toulouse.

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