Barack Obama accueille les 12 et 13 avril à Washington 47 représentants d’états pour participer à un sommet sur la sécurité nucléaire. A cette occasion, Michel Brière, directeur général adjoint délégué de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), explique à 20minutes.fr ce que l’on peut espérer de ce sommet.
Ce sommet a pour objectif de renforcer la sécurité nucléaire mondiale. Le 11 septembre nous a appris que le terrorisme est capable de mettre en œuvre des moyens redoutables pour s’attaquer aux Etats-Unis. Barack Obama souhaite être en position de force au moment de la révision du traité de non-prolifération, qui aura lieu au mois de mai. C’est pourquoi il organise cette réunion. En matière de sécurité nucléaire, deux conventions ont déjà été organisées: la Convention contre le terrorisme nucléaire, en 2005, et la Convention pour la protection des matières nucléaires. Sur les 47 Etats présents à ce sommet, beaucoup ont adhéré à ces conventions, mais ne les ont pas encore ratifiées. Il s’agit, aujourd’hui, de les inciter à traduire dans leur législation tout ce qu’ils ont consenti dans ces conventions.
Comment renforcer la sécurité nucléaire en pratique?
Chaque pays est responsable de la manière dont il contrôle les matières nucléaires sur son territoire. Il s’agit de renforcer le contrôle national du plutonium, de l’uranium et du thorium. Le plutonium et l’uranium doivent être sécurisés au plus haut niveau car, enrichis, ils sont susceptibles de produire l’arme nucléaire.
Ce sommet doit-il permettre de faire reculer l’Iran en matière de développement nucléaire?
Le sommet n’a pas pour objectif de fustiger ou de cibler un pays. Mais, nécessairement, l’Iran sera indirectement concerné. Les participants enverront un message: d’accord pour le développement nucléaire civil, mais pas pour son détournement à d’autres fins.
En pratique, les préconisations des conventions sont-elles suffisantes pour éviter que les réseaux terroristes développent l’arme nucléaire?
Si l’ensemble des mesures sont traduites dans les législations, il me semble qu’on peut atteindre ce dessein. Le renforcement du contrôle doit permettre d’éviter le vol, le détournement et l’utilisation du nucléaire à des fins malveillantes. L’objectif correspond aux nouvelles priorités: lutter contre le terrorisme nucléaire et la prolifération. Avec ce sommet, l’idée est de mobiliser les principaux pays, de les amener à développer le contrôle et d’accroître la coopération. Si certains pays connaissent des difficultés de configuration, ils pourront s’appuyer sur l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui a conçu une documentation de bonne pratique.
Le sommet doit-il aboutir sur des grandes décisions?
Il n’y aura pas de scoop pour la France et les Etats-Unis. La grande décision réside dans la volonté des 47 pays de renforcer au plus haut point ce contrôle des matières nucléaires. Et la France s’en réjouit.