Vous rêvez de co-financer une pièce, un premier album, un film, ou même un reportage? Ca tombe bien, une pléiade de jeunes sites vous le proposent. Dans le jargon, on appelle cela le crowdfunding, qui permet de financer des projets en faisant appel à un grand nombre d’internautes, qui apportent de petits investissements.
Ce modèle a émergé dans plusieurs secteurs artistiques: la musique d’abord, où MyMajorCompany, lancée par Michael Goldman (fils de Jean-Jacques), Antony Marciano, ancien directeur artistique chez Sony-BMG, et Simon Istolainen, a inauguré le genre dès 2008. Son premier artiste maison: Grégoire.
L’idée: les artistes en herbe plébiscités par les internautes voient leur album produit. Une fois le CD commercialisé, les internautes producteurs touchent, au prorata de leur contribution, 30% des recettes nettes encaissées par MyMajorCompany.
D’autres start-ups de co-financement d’albums se sont engouffrées dans la brèche: Akamusic.com, Spidart.com, Sellaband.com, Reshape-music.com, Artistshare… MyShowMustGoOn, pour sa part, propose aux internautes de co-financer de l’art vivant: spectacles, pièces de théâtres, comédies musicales...
Seulement voilà: comme ces sites parient sur le succès d’œuvres, l’internaute se voit certes certain de récupérer sa mise. Mais il est moins sûr d’empocher une part des bénéfices. Et ces sites, parfois trop nombreux sur un même créneau, n’ont pas encore trouvé leur modèle économique. Tel Spidart, concurrent de MyMajorCompany, placé en liquidation judiciaire en novembre dernier.
MyMajorCompany, souvent cité comme le label participatif à succès, ne compte pour l’instant que 4 artistes produits par les fans-producteurs ayant pu sortir leurs albums. «Ceux de Grégoire et de Joyce Jonathan sont des succès, pour les deux autres, les ventes sont mitigées», admet Simon Istolainen, co-fondateur de MyMajorCompany.
PeopleForCinema, pour sa part, connaît des premiers résultats mitigés. Qu'elle espère redresser par son partenariat avec l'UGC. La comédie Le siffleur, avec Thierry Lhermitte et Virginie Elfira, n’a engrangé que 330.000 entrées, et le film américain Brothers de Jim Sheridan avec Tobey Maguire et Natalie Portman 440.000. Faute de bénéfices, les internautes ont dû se contenter de récupérer leur mise. Peut-être que le jackpot viendra, à condition d’être patient… durant 18 mois. En clair, si les sorties vidéo, voire les diffusions télé (dans le cas de Brothers) génèrent des bénéfices suffisants.