Twitter est devenu ce qu'il est en partie grâce à ses développeurs extérieurs - et il s'apprête à s'en débarrasser. Les développeurs des applications Twitter (ceux grâce à qui vous pouvez aujourd'hui, entre autres, raccourcir vos url, poster des twitpics, gérer plusieurs comptes Twitter en même temps) se sont faits avoir. Cette semaine à San Francisco, ils se réuniront pour la conférence Chirp, et leurs inquiétudes apparaissent au grand jour.
A l'époque où Twitter n'était alors qu'un site communautaire parmi d'autres, les développeurs extérieurs ont créé gratuitement des services, trop heureux de bénéficier ensuite des revenus publicitaires. Twitter, qui ne pouvait pas, à ses débuts, se permettre de développer tous ces services en interne, a trouvé grâce aux développements en externe, le moyen de grossir de façon vertigineuse (l'an dernier, plus de 1.300% de croissance en un an aux Etats-Unis, et 700% dans le monde ) et de devenir une société fort convoitée.
Seulement la société de micro-blogging a désormais la capacité de se développer seul. Et les développeurs extérieurs paniquent.
Vendredi 9 avril Twitter Inc. a passé un accord avec Atebits, société s'occupant de développer Tweetie, pour racheter cette application Twitter pour i-phone, et annoncé qu'elle la renommerait (sobrement: Twitter pour i-phone) et la rendrait gratuite (elle est actuellement à 2,90 euros). Twitter doit aussi développer lui-même une application pour l'iPad.
Le même jour, le PDG de Twitter, Evan Williams, annonçait aussi la première application officielle pour Blackberry. Il expliquait que des études révélaient une confusion de la part des utilisateurs, et qu'il souhaitait y remédier. C'est la poursuite d'une stratégie qui poussait déjà, en décembre 2009, au rachat de Mixer Labs qui développe des applications de géolocalisation et dont Twitter souhaitait intégrer les outils.
Autant de mouvements qui soulignent un changement de stratégie de la part de Twitter, et augure de jours moins glorieux pour les développeurs extérieurs. Face à leur mécontentement, Ryan Sarver, directeur de la plateforme Twitter a essayé de calmer les esprits et décrété que la conférence Chirp serait l'occasion de se réunir et d'être créatif, et que Twitter continuerait d'avoir recours à des applications externes.
Un discours séduisant, mais peu crédible. Pourquoi laisser place à la concurrence face