La prestigieuse université américaine de Columbia a officiellement annoncé jeudi le lancement d’un nouveau diplôme de niveau maîtrise couplant journalisme et informatique. Cette création de diplôme s’inscrit dans le cadre d’une profonde réflexion actuelle aux Etats-Unis, sur la meilleure façon d’enseigner le journalisme.
Les nouvelles technologies changent profondément la présentation et la création de l’information, et avec tous les nouveaux moyens de s’informer, nous devrions actuellement être dans l’âge d’or du journalisme. Et pourtant tout le monde parle de la mort du journalisme. Toutes les newsrooms n’ont pas encore véritablement embrassé ces changements, et nombre des possibilités offertes par Internet ne restent qu’au statut de possibilités. Ce n’est pas dû à un manque d’ambition de la part des journaux, mais à un manque de professionnels capables d’allier à la fois les compétences techniques et éditoriales du journalisme web. Vous estimez qu’il y a aujourd’hui une séparation nuisible entre développeurs et journalistes? Dans la plupart des newsrooms, les journalistes écrivent tandis que des ingénieurs s’occupent du package: il y a peu de communication et de collaboration. Le background technique nécessaire est pour l’instant insurmontable pour les journalistes qui voudraient innover. Le manque de professionnels dotés d’une compréhension du message et de la façon de le délivrer empêche l’innovation. Notre défi est de marier le journalisme et la technologie pour produire des applications nouvelles qui redéfiniront fondamentalement une profession vivant une révolution.
Je pense que la transformation du journalisme dépend de toutes une série de facteurs: nouveaux business models, solutions technologiques en cours, davantage d’innovations. Ce programme se penchera sur les questions des nouvelles technologies - qui est une question immense. Mais nous n’avons pas la prétention de révolutionner le journalisme lui-même avec notre nouveau diplôme.
Ceux dont ils rêvent? Peut-être pas. Mais certainement ceux qu’ils espèrent. La séparation entre forme et contenu que je viens d’évoquer existe un peu partout. Même au New York Times, puisque l’une des personnes qui nous a aidés à définir ce concept, Jonathan Landman, était à l’époque chargé de la coopération entre le papier et le site. J’avais également constaté ce type de problématiques lorsque je travaillais sur le site du Wall Street Journal, de 2001 à 2007, et je sais que je ne suis pas le seul. Ce n’est pas le seul problème, mais c’en est un fondamental.
Nous avons eu une douzaine de demandes dès l’annonce de l’ouverture du programme. Nous n’avons même pas encore une brochure! Je pense que nous aurons beaucoup de candidats enthousiastes, mais ils devront garder à l’esprit qu’ils devront avoir le niveau pour les deux écoles: journalisme et informatique. Nous pensons accueillir entre 12 et 15 étudiants par an.