Le parlement britannique a approuvé jeudi 8 avril un plan pour sévir contre le piratage sur Internet, après le lobbying intense des industries de la musique et du cinéma. Le principe de l’Hadopi britannique: autoriser la suspension de la connexion Internet des pirates réguliers. La Grande Bretagne suit ainsi la voie ouverte par la France sur la riposte graduée.
Et comme en France, les geeks se désolent d’une telle décision. Sur Twitter plus de 5.000 internautes ont décrété qu’ils ne reconnaîtraient pas la loi sur l’économie numérique. Les mêmes arguments que lors du passage de la loi Hadopi sont invoqués: la loi est rétrograde et inepte.
Ce qui a particulièrement révolté les Britanniques, hormis le contenu de la loi, cest la façon dont elle est passée: en vitesse et dans une assemblée peu remplie. Une loi anti-démocratique selon le directeur de la régulation du fournisseur d’accès Internet Talk Talk, Andrew Heaney. «Qu’un projet de loi si compliqué, et qui pourrait affecter tant de gens, soit validé de façon si expéditive, et le fait même qu’un tel processus soit possible, c’est une condamnation de notre démocratie.» Talktalk a d’ailleurs annoncé qu’il ne respecterait pas la nouvelle loi.
Les frustrations proviennent aussi de l’impression que les parlementaires n’ont aps compris la portée de leur décision. Et la frustration est d’autant plus grande que ce nest pas toujours une impression. Le Guardian rapporte ainsi que l’un des chargés du rapport Digital Britain, par ailleurs membre du Parlement (donc votant) pensait que l’adresse IP se rapportait à la propriété intellectuelle (Intellectual Property) et non au protocole Internet (IP).
Mais pour Feargal Sharkey, le directeur exécutif de UK Music, qui représente les labels, la loi va donner à l’industrie musicale l’espace dont elle a besoin pour exister et prendre un nouveau souffle. Et c’était inéluctable pour le parti pirate britannique.
Un débat somme toute calqué sur le débat français. Si les similitudes se poursuivent, on n’a pas fini d’entendre parler de la DigitalBill. #Dbill sur Twitter.