Plus de sèche sous l’eau. La marine américaine a annoncé que ses 57 sous-marins seraient désormais non-fumeurs. La raison de cette interdiction parait aller de soi: dans un espace si confiné et devant la difficulté à aérer à bord d’un submersible, ses occupants s’exposent à un tabagisme passif.
L’armée américaine a tout de même mené une étude pour parvenir à cette conclusion. En 2009, le laboratoire sous-marin des forces navales s’est ainsi établi dans neuf bâtiments de la flotte pour démontrer in fine que «les marins non-fumeurs étaient exposés à des niveau quantifiables de fumée de tabac.»
L’inefficacité de la «technologie de purification de l’atmosphère»
Le vice-amiral John Donnelly, commandant des forces sous-marines, s’est fendu d’un communiqué pour préciser: «Nos marins sont notre plus important atout pour accomplir nos missions. Malgré notre technologie de purification de l'atmosphère, il y a des niveaux inacceptables de résidus de fumée dans l'atmosphère d'un submersible»
Jusqu’ici, les militaires étaient autorisés à s’en griller une sur permission de leur commandant de bord, qui désignait des endroits spécifiques au sein du sous-marin.
Patch et chewing-gum
L’interdiction entrera en vigueur «pas plus tard que le 31 décembre 2010.» Obligation de sevrage, donc pour les sous-mariniers accros à la clope. Ils représenteraient tout de même 40% du personnel, selon le commandant Mark Jones, porte-parole de la flotte américaine de sous-marins.
Pour aider les marins à se désintoxiquer, des programmes de substitution à la nicotine seront disponibles à bord des vaisseaux. Les fumeurs se verront distribuer des patchs et des chewing-gums mais n’auront pas le droit à certains médicaments pouvant avoir des effets neuropsychiatriques.
Quid de la France? «Normalement, les sous-marins sont déjà non-fumeurs», explique avec hésitation le ministère de la Défense, tout en précisant qu’il n’y a «aucun élément de langage sur le sujet».