GOLF - Avec le retour du Tigre, le Masters d'Augusta bénéficie d'un coup de projecteur démultiplié...
Cinq mois qu'il n'avait plus testé son swing en compétition. Trop occupé à soigner son addiction au sexe, Tiger Woods n'a pas eu beaucoup de temps pour penser au golf ces derniers mois. Son retour sur les greens,
à l'occasion du Masters d'Augusta, première levée du Grand chelem 2010, suscite une rare excitation aux Etats-Unis, mais aussi au-delà. Dans l'univers du golf, sponsors, organisateurs, télévisions, public, et même adversaires ont soudain l'impression de reverdir...
La machine à cash à nouveau en marche
Avant même qu'il attaque ses premiers putts sur le parcours d'Augusta, le Tigre s'est déjà remis en selle à la télé.
Nike a diffusé mercredi soir la première publicité post-scandale du Tigre. Preuve que sa deuxième carrière (commerciale) est bel et bien lancée.
S'il a perdu plusieurs sponsors après ses déboires conjugaux (AT&T, Powerade ou Accenture), Woods reste un joueur «bankable». Depuis l'annonce de son retour, il a déjà reçu une offre de sponsoring de Paddy Power, un organisme de paris en lignes irlandais. Un contrat de 75 millions de livres qu'il a poliment refusé, indique Patrice Barquez, responsable en France du secteur golf chez
IMG, l'agence qui gère l'image de Woods aux Etats-Unis. «Il a perdu des sponsors, certes, mais il ne faut pas croire, c'est juste une sorte de mise en sommeil. Tout le monde a besoin de lui. Son retour est capital pour les marques.» Avec ses 32 millions de pratiquants, le marché américain du golf pourrait profiter à plein du retour de la star.
Une aubaine pour les organisateurs de tournoi
Même si sa présence en compétition ne se négocie jamais à moins de 3 millions de dollars (sauf Masters), la venue de Woods est toujours un plus considérable pour un organisateur de tournoi. «Il y a un effet démultiplicateur sur la notoriété de l'épreuve, le nombre de spectateurs, téléspectateurs, les partenaires»,
glisse Christophe Muniesa, le DTN du golf français. Du côté d'IMG, on parle d'une augmentation moyenne de «20 à 30% des recettes au niveau du ticketing», la vente de billets. Idem pour les partenariats qui se négocient à la hausse (20%). «En termes d'audience, la différence est colossale», enchaîne Patrice Barquez qui prédit des pics d'audience record ce week-end pour CBS et NBC, les diffuseurs du tournoi.
Un intérêt sportif décuplé
Tous les adversaires du Tigre ne cessent de le répéter depuis l'annonce de son retour: quand Woods est là, cela n'a rien à voir. Le niveau d'ensemble s'élève comme si la présence du numéro 1 mondial poussait chacun à sortir ses meilleurs swings. «Il y a une émulation chez les joueurs, note Christophe Muniesa. C'est la même chose en
tennis, quand un tournoi se déroule avec Federer, les autres sont meilleurs. Cela renforce l'intérêt sportif. Gagner face à lui, c'est un plus.» À Augusta, beaucoup s'interrogent sur le niveau de Woods qui part à la conquête d'une nouvelle veste verte. «Tiger est le type de personne qui peut se pointer, tourner la clé et hop, c'est parti... Comme une Rolls Royce»,
explique l'Anglais Paul Casey. Pourtant Woods n'a pas eu l'occasion de se tester en compétition, comme lors de son premier come-back il y a une an après son opération du genou. «A ce niveau, le meilleur entraînement, c'est la compétition», enchaîne Muniesa. Là, on peut douter de sa capacité à revenir à son meilleur niveau sur une épreuve du Grand Chelem.» Qui plus est sur l'un des parcours les plus exigeants au monde.
Romain Scotto