Diffusé le 17 mars sur France Télévisions, le Jeu de la mort, réalisé par Christophe Nick avait fait l’objet de nombreux débats, notamment le soir même sur le plateau de Christophe Hondelatte. Aujourd’hui, Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, anciens ministres socialistes du Logement et de l’Intérieur, portent plainte contre l’auteur et les réalisateurs du documentaire, ainsi que le directeur du programme de France Télévisions pour incitation à la violence. Me Gilles-Jean Portejoie a saisi hier le doyen des juges d’instruction de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). La plainte dénonce une «provocation directe à la commission d’atteintes volontaires à la vie et à l’intégrité de la personne», réprimée par la loi de 1881 sur la liberté de la presse, selon Le Parisien.
Selon la député européenne, Marie-Noëlle Lienemann, à travers cette plainte, «il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté d’expression et de création», précise-t-elle au Parisien. Mais de clarifier ce qui est permis à la télévision. Selon les plaignants, les réalisateurs du documentaire ont incité les candidats à torturer leur partenaire de jeu. C’est une banalisation de la violence diffusée sur le service public sans précaution, sauf un simple avertissement pour les moins de 12 ans.
Le documentaire transpose à la télévision l’expérience scientifique de l’américain Stanley Milgram pour montrer le pouvoir de la télévision et, plus précisément, la soumission des candidats au pouvoir du présentateur. 80 volontaires persuadés de venir assister au pilote d’un jeu dans lequel ils infligent une décharge électrique à leur partenaire à chaque mauvaise réponse, augmentant la secousse graduellement jusqu’à 460 volts selon l’avancée des réponses. Les partenaires sont en fait des acteurs qui simulent la souffrance. Mais, le résultat du documentaire est patent: 81% des participants sont allés jusqu’à la décharge maximale sous les sommations de la présentatrice et l’encouragement du public.