Le Grand Chelem de l'âge de raison pour Lièvremont

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Publié le 21 mars 2010.

RUGBY – Il voulait redonner ses lettres de noblesse au jeu «à la française». Il est tout content d'avoir gagné... «à l'anglaise»...

«C’est une belle chose de battre les Anglais à leur propre jeu.» Dans un sourire, Emile N’Tamack, entraîneur en charge des arrières, résume bien les vertus nouvelles du XV de France, capable de s’imposer sans briller ni marquer d’essais ni briller samedi face à l’Angleterre. Le point final d’un Grand Chelem mené de main de maître et marqué par deux autres victoires hyperréalistes, face à l’Ecosse et le pays de Galles.

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Au final, cinq succès, mais un seul flamboyant, au stade de France, face à l’Irlande. «En cinq matchs, on a montré qu’on est capable de s’adapter à l’adversaire et même aujourd’hui aux conditions climatiques, estime François Trinh-Duc, ouvreur reconverti en spécialiste de la chandelle samedi.  On voulait proposer du beau jeu, mais en voyant qu’il pleuvait, on a décidé de fermer. Parfois un peu trop, mais l’important était de gagner.»

«Une adhésion et un état d'esprit remarquable au sein du groupe»

«C’était un peu une finale et une finale ça se gagne, renchérit l’arrière Clément Poitrenaud On retiendra notre Grand Chelem, pas notre prestation contre l’Angleterre.» Une esthétique de la victoire qui tranche avec les premier temps de l’ère Lièvremont: Il y a à peine un an, le sélectionneur français pestait après une insipide victoire à domicile face à l’Ecosse: « J’espérais fêter la st valentin avec mon épouse, je pense que je vais encore me coller une séance vidéo en rentrant».  

Samedi soir, dans les sous-sols du Stade de France, il n’était que tendresse. «Sincèrement, ça fait deux ans que je sens une adhésion et un état d'esprit remarquable au sein du groupe. La réussite sportive est quelque chose de fragile, les choses se mettent en place doucement. Entraîner une équipe de rugby apprend la patience, la persévérance et l'humilité mais on sent depuis un certain temps que notre équipe est capable.»

Devenus spécialistes de la victoire «à l’anglaise», les Français doivent maintenant «apprendre à gagner en jouant mieux, en maîtrisant mieux». Mais surtout gagner, rajoute le sélectionneur, qui a bien compris que si le french flair est séduisant, seule la victoire est belle. 


Pierre Koetschet (avec A.P.)
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