RUGBY - Samedi, les Bleus retrouvent leur ennemi préféré samedi en conclusion du Tournoi des VI Nations…
Question rugby, Français et Anglais n’ont pas attendu le couple Gainsbourg-Birkin pour se susurrer à l’oreille
«je t’aime moi non plus». Samedi au Stade de France, c’est le «non plus» qui risque encore de dominer entre des Bleus en quête d’un Grand Chelem et des Anglais bien décidés à gâcher la fête comme
lors de la demi-finale du Mondial 2007. Cette perspective fait saliver d’envie le trois-quarts centre Mike Tindall: «Nous avons une chance de vraiment ennuyer les Français et de réduire au silence le Stade de France.»
Un match à suivre en live comme-à-la-maison sur 20minutes.fr à partir de 20h45
Avant chaque retrouvaille, ce genre de pique alimente la mésentente cordiale qu’entretiennent savamment les deux camps. Ancien du XV de Rose mais Biarrot de cœur, Richard Pool-Jones s’amuse encore de cette guéguerre de cent ans (l’équipe France fête en 2010 son centenaire). Pour l’ancien troisième-ligne, le «crunch» exalte les préjugés que les deux peuples aiment à s’envoyer à la figure: «On s’accuse des mêmes maux. Les Français sont persuadés que nous sommes arrogants, prétentieux et que nous vous voulons toujours avoir raison. Et nous, nous pensons exactement la même chose des Français».
L’Anglais se «contente juste de gagner»
Vu de France, l’Anglais est suspect d’avoir brûlé Jeanne d’Arc, mit
un contrat sur la tête de Serge Blanco en 1991, fait expulser
Moscato et Lascubé en 1992 et de défendre un rugby rétrograde. Comme beaucoup d’internationaux tricolores avant et après lui, Marc Lièvremont a connu les affres de la frustration face à ces maudits anglais. «Je me souviens m'être pas mal énervé d'avoir très souvent été frustré par cette équipe anglaise qui ne pratiquait pas un bon rugby, qui trichait, qui forcément avait les faveurs de l'arbitrage», en sourit encore le sélectionneur du XV de France.
Si les Rosbeefs n’oublient jamais de rappeler leur rôle de géniteur du rugby, les Frenchies seraient de leur côté persuadés d’avoir sublimé ce sport de brutes. Richard Pool-Jones livre sa vision du fameux french-flair dont seuls les Britanniques osent encore invoquer l’esprit. «On admire beaucoup la façon dont les Français pratiquent le rugby. Mais comme on ne peut pas jouer comme eux, on se contente juste de gagner». Il faut bien le reconnaître: en matière d’humour, Albion a toujours un essai d’avance.
Alexandre Pedro