RUGBY - L'ouvreur anglais est très critiqué...
Martin Johnson a osé. Le très critiqué sélectionneur du XV de la Rose a décidé
de se passer des services de Jonny Wilkinson au profit de l’ouvreur de Leicester, Toby Flood. «Wilko» prendra place sur le banc des remplaçants pour le France-Angleterre de samedi au Stade de France. Privé de «crunch», le demi d’ouverture de Toulon paye ses prestations en dent de scie lors de ce Tournoi des VI Nations 2010. A 30 ans, ce n'est que la troisième fois en douze ans de carrière internationale que Wilkinson débute comme remplaçant en sélection.
Certains observateurs n’hésitent d’ailleurs pas à indiquer la porte de sortie au joueur qui a donné le titre mondial à son pays en 2003. «Wilkinson est un
"has-been"… Sa réussite au pays n’est plus ce qu’elle a été et sa fébrilité balle en main ne met pas notre ligne de trois-quarts dans les conditions idoines», dégomme l’ancien ouvreur international, Stuart Barnes. Peut-être. Mais encore faut-il que son remplaçant soit à la hauteur. L’ex-international
Richard Pool-Jones en doute. «Jonny Wilkinson est loin d’être l’Anglais qui a le plus démérité. Et puis je ne vois pas dans quel domaine Flood le surpasse. Pour l’instant, ce garçon ne nous a pas montré grand-chose», observe le troisième ligne passé par Biarritz et le Stade Français.
Pas de solutions autour de lui
Les Anglais seraient-il ingrats?
Aubin Hueber – qui côtoie Wilkinson au quotidien en tant qu’entraîneur du RC Toulon – n’est pas loin de le penser: «Je crois qu’ils ont trop eu l’habitude que Jonny ait une réponse à tout leurs problèmes». Pour le demi de mêlée des Bleus dans les années 90, son poulain subit surtout les errements tactiques de sa sélection. «Jonny paye les pots cassés d’une équipe qui se cherche. Les joueurs autour de lui n’arrivent pas à lui proposer des solutions. On se rend compte qu’après trois, quatre temps de jeu cette équipe est totalement perdue. Ses coéquipiers lui donnent le ballon et semble lui dire «Allez, Jonny, c’est à toi de faire. A Toulon, il a des partenaires qui viennent lui apporter des solutions», détaille Hueber. A Toulon, il est surtout un titulaire indiscutable. Et les résultats du club varois (5e du Top 14) prouvent que Wilko n’est pas totalement «has-been».
A.P.