« Je fais un travail dans leur cerveau »

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Publié le 17 mars 2010.

Baptiste Gentili L'entraîneur nantais mise beaucoup sur la relation affective avec ses joueurs

Le FC Nantes va mieux. Lundi soir, à Metz (0-0), contre un prétendant à la montée en Ligue 1, il a dégagé une cohérence collective qu'on ne lui connaissait plus depuis plusieurs mois. Malgré tout, la tenue globale de l'équipe semble reposer encore sur un château de cartes. Au lieu d'une victoire qui lui tendait les bras, le FCN (12e) aurait très bien pu repartir bredouille de Lorraine, lundi, sans un exploit du gardien slovaque Lubos Kamenar. Baptiste Gentili le sait. Hier, l'entraîneur nantais est revenu longuement sur sa méthode et sur son avenir, qu'il imagine au FCN la saison prochaine.

Des progrès indiscutables « Dans le contenu, c'était un ton au-dessus à Metz, par rapport à ce qu'on a pu faire avant. C'est le match le plus abouti depuis que je suis là. Cela va dans le sens de ce qu'on voit à l'entraînement. Avec plus de réalisme, on pouvait gagner. J'estime que sur cette rencontre, on a perdu deux points… Les joueurs sont plus à l'écoute, plus enthousiastes. Ce résultat est de nature à nous donner un élan supplémentaire. Mais un match comme celui-ci, tu peux aussi le perdre. Avec tout ce qu'elle a vécu jusqu'alors, l'équipe reste fragile. Aujourd'hui, je ne m'enflamme pas. L'équilibre est encore fragile. Tu peux glisser à tout moment. On vient de passer un bon examen, et c'est rassurant. »

Le travail d'un psychologue « J'ai trouvé un groupe qui manquait de repères, de règles. Il a fallu beaucoup leur parler, beaucoup dialoguer. Ma mission, c'est plus de faire un travail dans leur cerveau… J'ai le sentiment que le mental est beaucoup plus important aujourd'hui qu'il y a quelques années. L'entraîneur ne s'occupe plus comme avant que du terrain. Avant, quand ça n'allait pas, on remontait les pendules, on “rentrait” dans les joueurs. Maintenant, il y a beaucoup de paramètres qui interviennent… Moi, j'aime m'intéresser à l'individu. J'aime échanger. J'aime parler. Pour exploiter vraiment les qualités d'un joueur, l'affectif est primordial. On m'a toujours dit : “Tu es trop dans l'affectif !”. Moi, je pense que s'il n'y a pas ce relationnel fort entre les joueurs et l'entraîneur, ça ne marche pas. »

Son envie de continuer au FC Nantes
« Je suis fidèle à ce que j'ai toujours dit. Avec ou sans moi, en juin, il va y avoir une suite… Si je peux inverser ce mauvais passage et redonner un élan au club, je serai content. On fera un bilan en juin. J'aime ce club. Je suis dans des conditions de travail exceptionnelles. Tous les matins, je suis content d'être ici. Mais, je ne suis pas le seul à décider. A Nantes, il y a une histoire, on ne peut pas l'occulter. Si tu veux retrouver une équipe qui est dans les cinq premiers de Ligue 1 – ce qui est pour moi sa vraie place – il y a du boulot. Je serais content de participer à ça bien entendu. »

David Phelippeau
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