Ca se bouscule au portillon. Plus de cent vingt entreprises seraient en passe de décrocher le label diversité et vingt-cinq ont déjà obtenu ce sésame. Lancé en septembre 2008, le dernier né des labels RH, censé attester des politiques en faveur de l’égalité des chances dans les entreprises, suscite un réel engouement. Pourquoi? Là, deux camps s’opposent.
Parmi les défenseurs du label, l’Afnor Certification, l’organisme choisi par l’Etat pour certifier l’entreprise, arrive en tête. « C’est un moyen pour l’entreprise d’enclencher un dialogue social fort avec ses partenaires sociaux. Mais aussi d’être plus compétitive car la diversité des équipes induit des différences de points de vue et donc une performance accrue. Enfin, les entreprises ont besoin de ressembler à leur environnement, d’où leur engagement sur le sujet », souligne Thierry Geoffroy, chargé de mission à la direction générale de l’Afnor.
Pour l’autre camp, moins enthousiaste, les entreprises convoitent ce label car il est peu coûteux et peu contraignant. En aucun cas, il n’atteste que l’entreprise a des effectifs plus diversifiés que les autres. Seulement qu’elle a mis en place des processus internes de recrutement, de formation, de promotion (dix-huit critères d’évaluation) visant à ne pas discriminer. Deuxième reproche fait à ce label: le cahier des charges n’aborde pas les sujets qui fâchent. Par exemple, il n’est pas question d’égalité professionnelle entre hommes et femmes. Ceci a fait l’objet d’un autre label lancé en mars 2004 et qui n’a pas trouvé son public, car jugé trop contraignant. Alors réel outil en faveur de la promotion de la diversité ou nouvel outil de communication des entreprises ? « C’est trop tôt pour faire un premier bilan sur l’efficacité du label diversité. Une chose est certaine, les entreprises s’en servent pour attirer les meilleurs talents et pour se valoriser », constate Annemette Jocter- Monrozier, chef de projet diversité au sein d’Inergie, un cabinet parisien de conseil en communication.
Attention au droit de retrait
En théorie, le label diversité peut être ôté à tout moment. Outre l’audit post-labellisation mis en place dix-huit mois après l’attribution, en cas de doute sur une quelconque pratique, suite à un signalement syndical ou salarial, l’Afnor peut débarquer dans l’entreprise pour une vérification. Par ailleurs, si une société fait l’objet de poursuites judiciaires, le label est conservé jusqu’au jugement définitif. En cas de condamnation, c’est à nouveau à la commission de statuer. Mais à ce jour, aucun label n’a été retiré.