Une page s’est tournée. Le 8 mars, le mandat de Louis Schweitzer, premier président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) s’est achevé. En cinq ans, l’ex-patron de Renault a su faire connaître l’institution comme un recours potentiel aux victimes de discrimination. Et grâce à son carnet d’adresses qui compte de nombreux patrons du CAC 40, il a également réussi à imposer la Halde comme un garde-fou pour les entreprises qui ne respecteraient pas le principe de l’égalité des chances.
Un défi qui semblait au départ immense, la France accusant un fort retard dans la lutte contre les discriminations. Pour exemple, une telle institution existe en Grande-Bretagne depuis trente ans.
Une période tourmentée
La Halde a dû essuyer de nombreuses critiques, certains lui reprochant son Manque d’efficacité, d’autres d’instruire toujours à charge contre les entreprises. Son testing à l’embauche en 2008, qui l’avait conduit à pointer du doigt trois grands groupes, lui a aussi valu une volée de bois vert, les accusés contestant la méthode utilisée. Autre coup dur en décembre dernier: la Halde a dû se battre bec et ongles pour obtenir une augmentation de son budget 2010 (12,6 millions d’euros contre 11,7 en 2009). Et ce après avoir vu sa gestion (dépenses de personnel, loyer…) remise en cause.
Malgré ces épisodes houleux, l’institution garde la tête haute et espère même obtenir des compétences élargies. Car le rapport Héran rendu en début du mois au haut-commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg, suggère la création d’un observatoire des discriminations qu’elle piloterait. Reste à savoir si le gouvernement lui accordera cette nouvelle prérogative, ainsi que le pouvoir d’organiser des visites inopinées dans les entreprises pour récupérer des preuves de discrimination. Une promesse faite à la Haldeen 2008 et laissée lettre morte depuis. Le successeur de Louis Schweitzer aura donc lui aussi une pile de défis à relever.