Raï: «Si je peux aider le PSG, c'est avec plaisir»

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Publié le 16 mars 2010.

INTERVIEW - L'ancienne idole du Parc des Princes s'attriste de la situation actuelle du club parisien...

Il était la star du stand du PSG lors du dernier salon Galaxy Foot. Présent à Paris pour signer quelques autographes, l'ancien milieu de terrain est toujours ravi lorsqu'il est en balade à Paris. Même si le club, dont il est resté l'une des idoles, se traîne en championnat.

Vu la situation sportive du PSG actuellement, vous n'avez pas envie d'aider le club?

On peut parler quand on est invité à le faire. Je n'ai pas été invité. Si je peux aider le PSG, c'est avec plaisir. Mais, bien sûr, il faut un projet solide et qu'on me montre qu'on compte sur moi. On ne va pas m'appeler juste parce que j'ai été une idole ici. Mais si jamais on m'appelle un jour, c'est pour être dans un vrai projet. Et il faut qu'on compte vraiment sur moi.

Quel sentiment éprouvez-vous quand vous voyez votre ancien club si loin des meilleures équipes du championnat?

Triste. En plus, les suivre de loin ce n'est pas facile pour se forger un vrai jugement. Moi je suis juste triste de voir le PSG dans cette situation. On a vécu des moments victorieux dans les années 1990 et j'espère vraiment que ça va vite aller mieux. Pour moi, c'est toujours un plaisir de venir au Parc (il était présent samedi soir face à Sochaux). Je n'ai que de bons souvenirs ici, même si à mon époque déjà, il y avait des moments difficiles à gérer.

Dans moins de trois mois débute la Coupe du monde. Parlez nous de votre Brésil. Quel sont ses chances?

On assume le statut de favoris. On a gagné la Copa America il y a deux ans, on a gagné la coupe des confédérations en Afrique du Sud. On va arriver dans cette Coupe du monde avec notre meilleur joueur, Kaka qui n'est pas au top. Ronaldinho, on ne sait pas s'il va venir. Si on continue avec un groupe soudé, solide, je suis sur qu'au moment de la Coupe du monde, deux trois joueurs feront la différence. Le plus important c'est qu'on soit soudé autour du sélectionneur, Dunga. Qu'on lui fasse confiance.

Justement, vous le connaissez bien. Comment se fait-il qu'il soit si décrié au Brésil. On lui reproche son organisation défensive...
Oui, c'était déjà sa façon de jouer à l'époque. Il représente le foot en force. Mais il était très utile, il a joué trois Coupes du monde, on a gagné en 1994 ensemble. Il faut respecter son palmarès. On se méfiait beaucoup de lui au départ parce qu'il n'avait pas d'expérience comme entraîneur. Mais aujourd'hui, les supporters lui font beaucoup plus confiance qu'au début. Il a eu des résultats.

Que pensez-vous du cas Adriano. Qu'est ce qu'il se passe autour de cette jeune génération qui pète si souvent les plombs?

Le foot prend une ampleur de plus en plus impressionnante au niveau économique. Les footballeurs sont l'égal des stars de cinéma aujourd'hui. Et comme les stars du cinéma, ils pètent les plombs de temps en temps. Tout ce qu'il y a autour de ces stars, on ne l'avait pas à mon époque. Financièrement, ils gagnent tellement d'argent. Il y a un danger si on n'est pas solide. C'est le cas de certains joueurs. Le fait de devenir millionnaire à 21 ans, ça atteint la tête.

Pour ces joueurs, la solution, à chaque fois, c'est de revenir au Brésil. C'est la meilleure thérapie?

C'est plus facile pour eux au Brésil. Les grands joueurs partent jeunes. Pour le moment, certains ont envie de revenir quand ils commencent à avoir des problèmes en Europe. Ils savent que s'ils reviennent, ils peuvent vite rebondir. C'est le cas d'Adriano, avec Flamengo. Robinho, qui a quitté Manchester City. Ils savent qu'en revenant à la maison, il y a de la chaleur humaine pour repartir après. Ils sont plus forts après. Tous ceux qui sont revenus sont plus heureux, reprennent de la confiance et sont prêts pour de nouveau défis.

Cela fait quelque temps qu'on ne vous avait pas croisé à Paris. De quoi est fait votre quotidien aujourd'hui?
D'abord, ça dépend dans quel pays je suis. Je bouge beaucoup, surtout ici en Europe. Quand je suis au Brésil, ma journée-type, je la partage entre ma société et mon association. C'est une société qui gère mon image et d'autres affaires liées à mon image. Donc je suis souvent au bureau. L'autre moitié de mon temps, je l'accorde à l'association (Gol de Letra). Je vais deux fois par semaines sur place pour travailler et trouver des partenaires pour qu'on puisse continuer le travail. Je suis le parrain. On fait du travail social pour le foot. Leonardo a toujours un peu de temps à nous accorder. Il en a moins depuis qu'il est entraîneur. Il participe aux décisions stratégiques. Mais bien sûr cette saison, c'est difficile pour lui.

On a donc peu de chance de vous revoir dans le monde professionnel dans les mois à venir?
Dans la tribune, comme supporter, oui (rires). Mais ça peut arriver, oui. Après ma carrière, j'ai passé quelques mois comme dirigeant à Sao Paulo. Après, en 2006, j'étais ambassadeur du PSG. Mais ce n'était pas un rôle de dirigeant. Ce n'était pas un travail quotidien. Ma capacité à gérer, mon activité d'entrepreneur, je la mets au service de ma société pour l'instant et de mon association. Bien sûr, je continue à suivre le foot, j'adore toujours le foot et il est possible que je revienne. Mais à court terme, je ne crois pas.
Propos recueillis par Romain Scotto
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