L'UMP ne doit pas crier victoire

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Publié le 16 mars 2010.

Régionales Le second tour du scrutin, ce dimanche, s'annonce serré

«Nous sommes de loin la région où la droite devance le plus le PS », s'enthousiasme Philippe Richert. Le leader UMP a recueilli, dimanche, 34,94 % des scrutins exprimés. Jacques Bigot, du Parti socialiste, et Jacques Fernique, d'Europe Ecologie, ont obtenu respectivement 18,97 % et 15,60 % des voix. Pour contrer leur fusion, Philippe Richert veut « convaincre les abstentionnistes » qui composent la « vraie réserve de voix ». Il compte aussi sur les électeurs d'Alsace d'abord, du Centre droit, du MoDem et sur certains écologistes. « Je suis plutôt serein, mais sans effusion », dit-il.

« Cela va se jouer sur le fil du rasoir »
« Je ne suis pas sûr que Philippe Richert a raison d'être serein », estime le politologue Richard Kleinschmager. Si l'UMP sort en tête du premier tour, elle a perdu 19 % d'électeurs, soit 43 000 voix, par rapport aux régionales de 2004. En comparaison, les Verts et le Mouvement écologiste indépendant, regroupés au sein d'Europe Ecologie, n'ont perdu que 1,3 % d'électeurs, soit 2 300 voix. « Cela ne veut pas dire que Philippe Richert va perdre l'élection, mais juste que, dimanche, cela va se jouer sur le fil du rasoir, poursuit Richard Kleinschmager. Il reste des inconnues. Par exemple, la fusion entre le PS et Europe Ecologie va-t-elle bien prendre ? » Philippe Richert espère d'ailleurs qu'elle coûtera à ses adversaires « 2 ou 3 % » du cumul des suffrages obtenus individuellement avant-hier. Une déperdition loin d'être inhabituelle en cas d'union de listes, mais qui pourrait être compensée pour la gauche par le report des voix des « petites listes », telles celles du NPA, de Lutte ouvrière, d'Ecologie décroissance et d'une partie du MoDem.
Autre inconnue : le comportement des abstentionnistes. « S'ils n'ont pas voté au premier tour, il faudrait vraiment un élément motivant pour qu'ils le fassent dimanche », estime le sociologue Philippe Breton. Et de ce point de vue, selon lui, la démarche semble un peu plus forte à l'UMP qu'à gauche. « Philippe Richert a franchi une barre psychologique en dépassant le pourcentage qu'Adrien Zeller avait atteint au premier tour en 2004, c'est-à-dire 34,06 %, explique-t-il. Cela peut créer une dynamique pour l'électorat de droite. »

Philippe Wendling
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