Un matelas a servi hier de ressort à l'accusation au procès en appel de Jacques Viguier. Il s'agit du fameux matelas du clic-clac sur lequel dormait Suzanne, disparue le 27 février 2000. Il n'a jamais été retrouvé. Jacques Viguier a toujours affirmé l'avoir jeté dans une déchetterie, où un incendie s'est déclenché peu après. Le professeur de droit a d'abord dit aux enquêteurs qu'il s'en était débarrassé parce qu'il était inconfortable, puis parce qu'il symbolisait l'infidélité de son épouse. Même si, à la date de la disparition du matelas, il ne savait pas qu'Olivier Durandet était l'amant de Susi. « En sortant d'un dépôt de plainte pour enlèvement (...), son premier souci est de laver les draps et de jeter un matelas », a fait remarquer hier Guy Debuisson, un avocat de la partie civile. « Tout se bouscule en moi, c'est un mélange d'inquiétude et de colère, et comme tout être humain, je n'ai pas un caractère rationnel absolu », s'est défendu l'accusé. Pour Francis Szpiner, autre avocat de la partie civile, la disparition du matelas « s'inscrit dans la logique de faire disparaître les preuves du crime ».