Elles tentent de fuir un mari violent ou de rompre définitivement avec la prostitution. D'ici peu, ces victimes pourront trouver refuge dans l'un des dix appartements, du studio au T5, mis à leur disposition par la ville. « Cela va leur permettre de retrouver une autonomie. Elles pourront y habiter six mois, une durée renouvelable une fois », explique le maire, Pierre Cohen. Si toutes les factures sont au nom de la collectivité – pour préserver l'anonymat –, l'habitante devra s'acquitter d'un loyer calculé en fonction de ses ressources.
Rompre avec l'urgence
Pour le service d'aide aux victimes, un des signataires de la convention avec la mairie, ces appartements pallient un manque. « C'est un maillon qui manquait à côté de l'hébergement d'urgence. A nous de trouver des personnes qui correspondent, comme cette femme dont le concubin est incarcéré et pour qui il est essentiel de changer de résidence », insiste Françoise Passuello, directrice du service qui reçoit 5 000 victimes par an, dont 25 % ont subi des violences conjugales. Selon l'Amicale du nid, spécialisée dans la prostitution, « ces logements déboucheront sur un retour à la vie sociale pour des femmes en rupture avec la prostitution et ses réseaux », note Jean-Luc Arnaud, son directeur, qui suit 300 personnes.