«Un quart d'heure de retard, sur une demi-heure de trajet!» En prenant le TER entre Montauban et Matabiau mardi matin, Brigitte Barèges, la tête de liste de la majorité présidentielle, a amené de l'eau à son propre moulin. Bien aidée par la neige, elle a testé ce qu'elle appelle «la mauvaise qualité du service». Et tandis que ses colistiers tentaient de rallier Toulouse depuis les quatre coins de la région, dans la plupart des gares, les voyageurs étaient accueillis par «plusieurs centaines de militants socialistes», tractant sur le bilan et les promesses ferroviaires du président sortant Martin Malvy (PS). Il a créé «206 trains quotidiens supplémentaires», là où auparavant il n'en passait que 150.
«Les usagers que nous avons rencontrés ont bien senti l'évolution qualitative et quantitative, ils nous demandent d'aller encore plus loin», résume Gérard Poujade (PS), tête de liste dans le Tarn et chef de gare de l'opération de mardi. Ça tombe bien, les candidats ont des wagons de promesses. D'abord, quelle que soit l'issue du scrutin, les usagers du TER gagneront un titre de transport unique et «interopérabl », c'est-à-dire utilisable sur tous les autres réseaux transports en commun. Il s'appelle Pass vert et offre des correspondances gratuites chez Europe Ecologie, se nomme Carte orange pour le MoDem, et reste «pastel» pour la liste sortante qui veut généraliser la carte toulousaine. Brigitte Barèges a choisi de le baptiser Pass mobilité. Pour le NPA, il devient invisible puisque la liste prône la gratuité des TER. En cas de réélection de Martin Malvy, une refonte des tarifs est annoncée avec l'arrivée d'un billet à 1 euro pour les lycéens et apprentis puis les étudiants, et à «2 euros maximum» pour certains salariés. Brigitte Barèges préfère investir «dans une mise en conformité du matériel roulant au titre de la pollution» et dans la sécurisation des gares en y généralisant la vidéoprotection.
>> Notre dossier sur les régionales en Midi-Pyrénées est par ici
La région est depuis 2002 l'autorité organisatricedes transports ferroviaires régionaux qui ont enregistré 10 millions de voyages en 2009. Elle y consacre 143 millions d'euros par an soit 14% de son budget, versé à la SNCF qui assure le service TER sous couvert d'une convention d'exploitation. La région vient d'ailleurs d'intenter contre elle un recours en justice pour non-respect de ses engagementsen termes de régularitéet de trains proposés.