Jacky Bonnevay, l'erreur de casting

1 contribution
Publié le 9 mars 2010.

FOOTBALL - Le directeur du centre de formation du FC Nantes ne sera pas conservé en fin de saison

«Depuis que je suis au club, on ne m'avait jamais présenté un projet sur la formation comme celui-ci!» Lundi 29 juin 2009, Kita présente à grand renfort d'éloges le nouveau directeur du centre de formation, Jacky Bonnevay. Neuf mois plus tard, l'admiration du président s'est considérablement érodée. Il se murmure même qu'à l'époque, le projet présenté par Bonnevay pour convaincre Kita n'était qu'une pâle photocopie d'un dossier de la Direction technique nationale (DTN), agrémenté de quelques autocollants du FC Nantes. Le masque est tombé très vite à la Jonelière. La personnalité et les méthodes de celui qui a été vivement recommandé en juin dernier par l'ex-entraîneur nantais Gernot Rohr sont extrêmement décriées.

«A l'entraînement, on ne fait que des matchs, on n'apprend rien, regrette un joueur sous couvert d'anonymat. On s'ennuie. Il y a aussi beaucoup de retards, on a du mal à se motiver pour venir. Et puis, il n'a aucune autorité.» Obséquieux avec la presse, Bonnevay n'hésite pas en revanche à hausser le ton auprès des joueurs. Parfois au-delà du raisonnable. «Quand il s'énerve, ça devient vite méchant, avoue un autre joueur. Il faut vraiment prendre sur soi pour ne rien dire, sinon, tu sais que ça peut partir.» Le directeur du centre de formation s'est ainsi sévèrement accroché avec Ismaël Keita, il y a de cela quelques semaines, mais a préféré ne pas ébruiter l'incident. Question de prudence.

«Opportuniste et carriériste»

En conflit larvé avec une partie de ses joueurs, de ses éducateurs, et même du staff médical du centre de formation, l'ex-Beauvaisien a également perdu le soutien de sa direction. «En ce moment, il se calme, il sait qu'il est menacé, confie un membre de l'entourage du club. La direction est consciente du problème, mais dit qu'il faut faire avec. Ils ne se rendent pas compte de la perte en qualité de travail.» Car au-delà des résultats, médiocres, de l'équipe réserve (Nantes est 9e de CFA 2, à 21 points du Poiré, le leader), l'implication même de Bonnevay est en cause.

«Aujourd'hui, il n'a pas de projet de formation, se désole-t-on en interne. Sa qualité forte, c'est que c'est un bon GO. Il est très bien dans le relationnel avec la fédé, par exemple. Mais le travail de terrain, ce n'est pas pour lui, ça ne l'intéresse plus.» Ainsi, le technicien n'hésite-t-il pas à aménager les horaires des séances pour satisfaire à ses obligations avec Ma Chaîne Sport, pour qui il officie comme consultant. Obsédé par l'image qu'il renvoie, Bonnevay semble avoir oublié le fond. «Il ne s'intéresse pas à l'essence même du club, mais il parle toujours de lui», poursuit un salarié. Dans le milieu du foot, on le décrit comme «un opportuniste» et «un carriériste». Pour preuve, alors que Gernot Rohr était en danger en novembre, Bonnevay, lui, s'est discrètement rapproché de la direction. Sans réussite.
David Phelippeau et Julien Ropert à Nantes
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr