20 Minutes
a choisi de mettre en lumière cinq poètes contemporains, à découvrir sur scène ou en librairie.
Ce poète de 87 ans est un éminent théoricien et un poète sublime. « Dans l'espace secret de notre approche de l'être, je ne crois pas que soit de poésie vraie qui ne cherche aujourd'hui, et ne veuille chercher jusqu'au dernier souffle, à fonder un nouvel espoir », écrivait Yves Bonnefoy en 1958. Seize prix récompensent ses écrits littéraires. Et son recueil Les Planches courbes, paru en 2001, considéré comme un chef-d'oeuvre, est étudié dans les classes de lycée.
Drôles, fins, décapants, ses textes comme Le Ris au laid (2004) ou Con comme la lune (2008), situent Jean l'Anselme dans la lignée d'un Alphonse Allais ou d'un Pierre Dac. Ce poète potache a suivi les conseils de Dubuffet, qui l'a initié à l'art brut en 1945, et convaincu dans le même temps de se méfier de « l'asphyxiante culture ». On doit à cet impertinent de 91 ans un discours plein d'espièglerie : « La poésie, c'est un peu comme la Blédine. On aime ça avant de pouvoir en parler. »
Limpide et juste, la poésie de Philippe Jaccottet ne triche avec aucun artifice : elle est classique, profonde, accessible et infiniment pudique. Né en 1925, Philippe Jaccottet est tout entier imprégné des couleurs et de la lumière de sa ville, Grignan, et des influences de Rilke, Novalis et Ungaretti. Ses livres majeurs, L'Effraie et autres poésies, qu'il publie à 28 ans. Mais aussi Après beaucoup d'années (1994), où la distinction entre vers et prose s'efface de plus en plus, et Ce peu de bruits en 2008.
Damien Noury, 37 ans, est un brillant touche-à-tout, metteur en scène, comédien et auteur. Repéré sur les scènes slam, il se met en jeu face aux autres avec la langue, la musicalité et le sens du verbe comme instruments. Il fait partie d'un trio parisien, nommé Uppercut, qui a inventé le concept de Pulse Poésie, une des premières formes de spectacle vivant articulée autour de la poésie, l'oralité et la musique et dont le spectacle « Sur le ring » est la cinquième création.
Son fils Louis et son petit-fils Matthieu sont musiciens, sa fille Michèle Chedid-Koltz est peintre. Ses premiers poèmes, Andrée Chédid les écrit au Caire, où elle est née, en anglais. Elle s'installe à Paris en 1946 et ne cesse dès lors de questionner la condition humaine. Parmi ses recueils récents, on citera Territoires du souffle (1999, Flammarion) et La Langue des dieux (Gallimard), qui vient de sortir pour cette 12e édition du Printemps des poètes dont elle est, à 90 ans, l'invitée d'honneur. W
K. P.