La hype parisienne s'est sauvagement emparée de ces trois jeunes gens un soir de novembre 2009. Two Door Cinema Club, phénomène électro-rock venu d'Irlande, était un gentil petit groupe dont les tubes dansants et pétaradants de guitares devaient tranquillement épicer l'affiche d'un festival des Inrocks déjà bien relevé.
Tout bascula lorsque La Roux, jeune diva rouquine acclamée par les nostalgiques du rétro-futurisme pop des années 1980, annula sa venue. Laryngite. Et voilà-t-y pas que nos trois jeunes Irlandais se retrouvent, au pied levé, bombardés tête d'affiche de la tournée du festival. « C'était fou, se rappelle le guitariste Sam Halliday. Un peu démesuré même. En Angleterre, on est juste le énième groupe branché du moment. Mais ici, en France, personne ne nous connaissait et grâce à ce concert, tout le monde attendait notre album de pied ferme. » Tourist History arrive enfin dans les bacs et on compare déjà l'événement au choc provoqué par le premier album de Franz Ferdinand... Première constatation : l'énergie démente dépensée sur scène se retrouve quasi intacte sur l'album. « Au départ, nous ne sommes pas vraiment un groupe de scène, raconte Alex Trimble, le chanteur poil-de-carotte du groupe. Mais comme nous sommes signés sur Kitsuné, un label électro super-branché, il fallait bien qu'on soit à la hauteur, alors on a bossé ça. »
Installé à Londres, le trio assiste en spectateurs amusés au déluge d'éloges médiatiques. « Tout le monde nous demande dans quels clubs on joue, dans quelles fêtes on sera... Mais en fait, on ne connaît presque personne à Londres, alors on ne sort pas beaucoup. On n'est pas fous, on sait très bien que notre renommée est factice pour l'instant. Mais bon, on en profite pour faire le plus de concerts et de tournées. Après, il faudra se remettre au boulot. » W