L'entreprise va devoir gagner la faveur des femmes

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Publié le 8 mars 2010.

Plus les entreprises embauchent de femmes, meilleurs sont ses résultats. Michel Ferrary, professeur en gestion des ressources humaines au Ceram (Ecole supérieure de commerce à Nice-Sophia-Antipolis) est à l'origine de cette pensée renversante. Il a étudié dans les moindres détails l'impact des effectifs féminins au sein des quarante-deux plus grandes entreprises françaises entre 2002 et 2006. Ses recherches démontrent que les entreprises qui emploient plus de 35 % de femmes cadres voient leur chiffre d'affaires progresser davantage que les autres (de 28,5 % supérieur). Ces entreprises sont aussi plus rentables (avec un taux supérieur de 116,1 %), ont une meilleure productivité (48,6 %) et créent davantage d'emplois (72,9 %).
A la faveur de la crise, il observe aujourd'hui que les sociétés les plus féminisées sont aussi les plus résistantes. La BNP Paribas, banque qui a le mieux tenu face au crash, compte 41 % de femmes parmi ses cadres, tandis que Dexia, antre de la testostérone spéculative (18 % de femmes), s'est effondré dans l'incendie. Idem dans le secteur automobile quand on compare Renault, le bon élève, et Peugeot, le rouleur de mécaniques. Peu d'entreprises semblent connaître ces chiffres. La représentation des femmes à tous les échelons du CAC 40 n'a presque pas évolué depuis 2006, selon le baromètre de la mixité publié en janvier par Capital.com. Elles n'occupent toujours qu'un tiers des effectifs totaux et de l'encadrement.
Michel Ferrary est pourtant contacté par des PDG  anxieux de savoir si les femmes valent le coup d'être embauchées. « Ils veulent des preuves », dit-il. « Car pour beaucoup d'entre eux, féminiser son entreprise, c'est encore faire du social. Si cela devient un argument économique, l'intérêt n'est pas le même. » Le professeur tempère les trompettes de la victoire car « toutes les données ne sont pas encore réunies ». Il se souvient de Gary Becker, Prix Nobel d'économie en 1992, qui aura passé les années 1960 non à draguer, mais à penser que l'emploi des femmes était contre-productif dans le monde capitaliste. Lui a sa propre conviction. Il n'a pas peur de le dire : « Les femmes ont un impact significatif sur les entreprises. » D'ici trois à six mois, la lumière sera faite sur cette affaire. Et par amour des sciences – plus que du féminisme –, Michel Ferrary est prêt à mettre le turbo.

M. M.
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